UNE EQUIPE ?

Un maire est un « personnage » qui doit se montrer soucieux des besoins de chaque habitant, jeune ou âgé, actif ou retraité, possédant des moyens financiers ou grandement paupérisés et ce, dans tout quartier.

MAIS

Pour obtenir le vote conforme des électeurs et ainsi pérenniser leur position municipale, les maires sortants, soumis à de fortes contraintes de publicité dans un espace politico-administratif concurrentiel, cherchent à produire sur eux ce qu’avec GOFFMAN, l’on peut appeler une impression favorable, à partir de la fabrication de cadres de définition de la réalité municipale qui permettent la production d’une représentation spécifique, ajustée à leurs intérêts électoraux.

Le travail politique d’apparition et de mise en scène de soi opéré par le maire peut s’analyser comme un effort de définition d’une façade.

Tout lieu où le maire ou ses représentants se trouvent en présence d’un public en constitue le décor potentiel.

Sont rejetés en coulisse les échecs, les dissensions internes à la municipalité, la méconnaissance des effets de l’activité mayorale sur le monde social.

L’entretien de la façade est contingent de la capacité de l’équipe à ne pas dévoiler les coulisses, à éviter les ruptures de représentation, à prévenir « les menaces ».

La fabrication de la façade du « bon maire » implique qu’en permanence, les nouveaux projets municipaux ou les modalités de leur mise en œuvre ne soient pas annoncés par le journal avant que les collaborateurs mayoraux en aient été informés non parce que ces négociations ne sont pas dicibles publiquement mais parce qu’un article faisant apparaître une « décision » comme imposée sans consultation risque d’amplifier ou même de susciter une mobilisation potentielle et sert toujours de point d’appui critique à l’opposition municipale ( mais également y compris à l’interne).

La presse locale peut en effet ériger en opposants des individus sans organisation et sans poids politique antérieur à la faveur d’une contestation ponctuelle et devient elle-même un auxiliaire de l’opposition lorsqu’il produit un récit potentiellement négatif des activités de la municipalité.

Le maire – qu’il ne s’y trompe pas – n’est pas d’emblée le leader incontesté de sa majorité même s’il se positionne comme le monarque absolutiste mais l’institution municipale lui permet d’occuper une position arbitrale et de mettre en œuvre des stratégies organisationnelles destinées à neutraliser d’éventuelles velléités d’expressions divergentes de la ligne mayorale (en refusant ce qui n’émane pas directement de lui, en ne donnant pas les moyens matériels, financiers et humains pour mettre en œuvre leurs projets par exemple… ).

L’intérêt et la puissance disciplinaire de la hiérarchie municipale consistent ainsi non en l’imposition directe de l’autorité du maire mais en la fidélisation des élus majoritaires par la concession d’un statut valorisant de certains et en la dissimulation possible des inégalités réelles de moyens mis à disposition des autres, favorisant ainsi la mise en scène du maire « décideur » soutenu par un groupe d’élus dédié, en paroles, au service des habitants.

La mise en discours des réalisations municipales permet de les faire apparaître sous la forme de vastes « politiques » réfléchies.

La grandeur et la cohérence apparentes des « politiques » tiennent à la mise en scène de réponses à des « problèmes » qu’elles sont réputées résoudre et au nombre ou à l’importance de la visibilité des dispositifs qu’elles agrègent.

Ainsi, la municipalité ne développe pas tant son action « environnementale » qu’elle ne donne une forme « écologique » à des dispositifs administratifs antérieurs (pistes cyclables, ramassage des ordures ménagères, gestion de la circulation automobile…) et à des services nouveaux (tri sélectif des déchets…).

Par opportunisme pratique, le maire est amené à constituer des discours sur la cohérence de l’intervention municipale, pourtant initialement morcelée.

A travers cette onction, sur fond de petits calculs politiciens, certains maires nous vendent du nouveau comme du neuf alors qu’ils « bricolent » avec du vieux assez regrettable pour les plus démunis d’entre nous, du social-libéralisme lesté d’une peu glorieuse histoire de reniements de ce qui restait des grandes valeurs dites de « Gauche » !

La Gauche en responsabilité, c’est répondre à l’urgence sociale et redonner du pouvoir d’achat, c’est nommer et décliner des priorités, c’est adopter une attitude militante, volontaire, déterminée et conquérante !

Que nenni bien trop souvent…

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