RESULTATS EN TROMPE L’OEIL, MAIRES AU RABAIS ( titre emprunté à Sébastien GROB – Marianne du 29/6/2020)

Pour qui prête attention aux dimensions théâtrales de la REPRESENTATION POLITIQUE, un sujet extrêmement digne d’intérêt concerne les tensions ne manquant pas de surgir entre l’exigence d’afficher une relative éminence et la nécessité de ne pas se couper outre mesure de ceux que l’on est censé représenter.

D’un certain point de vue, ne serait-ce que pour apparaître « à la hauteur » face à des acteurs porte-parole d’entités, intérêts ou groupes sociaux, il est indispensable de manifester quelque prestance.

D’un autre côté, toutefois, ceci ne saurait se faire au détriment de nécessaires affirmations de proximité envers les représentés.

L’acceptation des limites personnelles permet de dégager les ressources et de mettre ensemble les diversités de chacun et ainsi d’aller vers davantage de possibilités et de richesses.

Mais, cette attitude requiert de l’HUMILITE de la part de chacun comme face au scrutin de dimanche dernier et non pas de crier Victoire… face à notre véritable échec collectif, à savoir l’ampleur de la fracture sociale, générationnelle et territoriale, le manque de crédibilité apportée à la parole politique !

Ceci implique un questionnement critique permanent de notre pratique, chacun étant rendu responsable de lui-même et de l’autre dans la cocréation et pouvant alors (re)trouver, à l’intérieur de l’espace de liberté, son potentiel créatif.

La liberté doit être, pour chacun d’entre nous, un processus : il s’agit de construire la LIBERTE et non d’avoir la liberté.

C’est donc bien d’une liberté responsable qu’il s’agit.

Ainsi que l’a écrit Victor HUGO dans Les Contemplations  « Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité ».

Le MERCI apposé sur l’une des affiches (de couleur jaune soit celle qui représente, à la fois, l’or et le soufre maléfique, la trahison et la félonie!) en vient à faire figure d’incongruité tant il risque de n’être que l’élan d’argile éphémère de la reconnaissance.

En se référant au vocabulaire prosaïque des gens de métier, le latin mercedem, sentait bon l’oignon et le lard de la rétribution pour service rendu.

Ce qui vient, immédiatement, questionner les conditions de la reconnaissance de la DETTE, une dette fantasmatique qui ne pourra jamais s’acquitter et donc s’incarner dans aucune dette réelle.

Ne soyons pas naïf, le sujet recule devant la position de débiteur parce qu’elle le rend dépendant non seulement de l’absence de pouvoir personnel mais aussi du bon vouloir de celui qui l’octroie.

La frustration ne peut dès lors s’adoucir que dans la dévalorisation de l’objet et Le Renard de Jean de La Fontaine de déclarer que « les raisins sont trop verts et bons pour les goujats ».

N’oubliez jamais que la dette repose sur la constatation psychologique que celui qui donne est celui qui a la force et le pouvoir… de destituer… ou pas !

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