QUELLE INDECENCE !

Le 11 août 1944, à Douai, la Mort a frappé la société civile sur les lieux de la vie quotidienne, sur les lieux de l’activité professionnelle (mon grand-père maternel Henri a perdu la vie dans les bureaux de la Gare…) à travers les bombardements.

La Commémoration, contrairement à l’inauguration d’un monument, se doit d’être un acte discret, voire intime.

L’espace mémorialisé, représenté par une stèle, par la sobriété de celle-ci, devrait induire, me semble-t-il, l’adoption d’un comportement adapté, d’une certaine retenue, voire d’une attitude de recueillement.

Mais cet espace même semble avoir été celui duquel sourdent des conduites paradoxales.

Après le discours officiel et convenu, certains (à savoir les nouveaux élus de la Majorité) se comportent comme si l’espace du lieu de mémoire s’apparentait à un terrain ludique où il est bien de prendre la pose pour dire « j’y étais ! ».

Il serait opportun de respecter ce lieu qui, pour certains, fait surgir des souvenirs douloureux, liés à une histoire familiale, aux évènements de l’histoire locale et nationale.

La mémoire, ainsi irrémédiablement figée pour la postérité, transfigurée en rituel d’évocation de l’évènement, sauve de l’oubli mais ne restitue pas le souvenir…

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