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Le recours aux artistes, là où il s’agit d’éduquer, et plus largement dans le champ social, ne cesse de se développer

Aujourd’hui, loin de se cantonner à l’école et aux lieux éducatifs, l’engagement des artistes dans la société va de l’hôpital à la prison, en passant par le monde ouvrier en grève, les sans-abris, les banlieues et leurs quartiers dit «  sensibles  », et bien d’autres lieux et groupes sociaux, donnant comme une image globale et difractée de notre société, de ses espoirs et de ses problèmes, de ses dynamiques et de ses interrogations, de ses enjeux et de ses fractures.

Sur ce plan, le recours artistique semble bien être une réponse à l’emprise de la technicisation, de la rationalisation et de la marchandisation : il répond à un besoin de rééquilibrage de la culture et du rapport au monde, dans un univers rationalisé et dominé par la technique, un monde désenchanté et vidé de ses dieux comme l’avait déjà analysé Max WEBER.

L’art nous fait ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-mêmes ; il est un champ d’expérimentation de notre humanité, et, comme l’écrivait HEGEL, «  nous transporte dans des situations que notre expérience personnelle ne nous fait pas et ne nous fera peut-être jamais connaître ».

Le programme que fixait DEWEY à la philosophie de l’art vaut aussi comme programme d’éducation démocratique.

Il s’agit, écrivait DEWEY, «  de restaurer cette continuité entre ces formes raffinées et plus intenses de l’expérience que sont les œuvres d’art et les événements quotidiens universellement reconnus comme des éléments constitutifs de l’expérience », de « rétablir la continuité entre l’expérience esthétique et les processus normaux de l’existence ».

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