NOS HEROS SONT EPUISES MAIS TOUJOURS DEBOUT !

Dans une société exaltant l’excellence, la performance, la conception d’un individu auto-entrepreneur de lui-même, le « prendre soin » sans cesse relégué à une place secondaire ne doit pas être perçu comme superflu alors même que, dans une culture de soi et des autres, il est l’une des conditions 1ères d’une démocratie vivante, soucieuse de former des citoyens responsables.

Le « Prenez-soin de vous ! » est devenu ce nouveau slogan s’étant propagé dans le monde aussi vite que la pandémie de Covid-19.

Tout s’accélère, va de plus en plus vite et les technologies nous sont présentées comme étant censées faire des miracles dans tous les domaines, même celui du « prendre soin » grâce aux robots sociaux et conversationnels.

Nous sommes tout de même nombreux à ne pas croire à ces fictions et à dénoncer la déshumanisation qui nous menace chaque jour un peu plus.

Le premier devoir du prendre soin, depuis les soignants, du professeur de médecine à l’aide-soignante, des femmes pour la plupart, jusqu’aux « petits » métiers, aides à domicile, caissières – des femmes encore – éboueurs, livreurs, .. dont l’utilité avait été clairement démontrée, par tous les travaux sur le « CARE » depuis les années 1970.

Sans ces « petits métiers », ces « 1ers de corvée », sans ces humains-là, nous ne pourrions vivre et plus encore les riches que les pauvres obligés quant à eux depuis toujours de subvenir par eux-mêmes à tous leurs besoins.

Sans devoir discuter des raisons sanitaires qui obligent à ce choix – limiter du mieux possible les interactions sociales pour réduire la circulation du virus – il est tout à fait inapproprié, malheureux et néfaste de qualifier les activités culturelles comme « non essentielles ».

Les mots ont leur importance !

Et si le soin semble aujourd’hui avoir une place privilégiée dans la société et dans le monde, il s’agit de la part technique de la médecine, celle qui répare les corps.

La part humaine, relationnelle, du soin continue d’être négligée, elle ne compte pas par exemple dans l’évaluation des activités pour le financement des établissements de santé.

Nul ne s’étonnera que les soignants soient de plus en plus tentés de quitter l’hôpital, navire à la dérive, « Titanic des temps modernes ».

Assignés à la portion la plus congrue de leurs métiers, à une pratique d’actes techniques à la chaîne, taylorisés et prolétarisés, les « héros » sont fatigués et en burn out.

«  Le soin et la démocratie se trouvent soumis à l’épreuve du totalitarisme sanitaire », comme l’écrit Roland GORI.

Faisons le pari que notre belle devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité » puisse s’accompagner de cette autre alliance de « la culture, du soin et de la démocratie » !

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