L’ENFANT ET L’HORREUR

Les médias ont largement relayé les récents actes barbares qui ont sidéré bon nombre d’adultes, les laissant parfois sans voix pour aborder cela avec leurs enfants. Comment parler de tels actes avec les enfants ? Comment trouver les mots ? Comment les accompagner sans leur mentir mais sans les envahir de nos angoisses ? 

Contre le chaos, contre la monstruosité, il n’y a pas d’autres armes que celles de la pensée, de la dignité, de l’attention à autrui, de la construction démocratique permanente ; le travail de la culture… Si le «monstre» est tout entier à ses pulsions, l’homme gagne son humanité en évitant d’être emporté par ses émotions grâce à sa capacité de penser à lui-même, à l’autre et au monde qui l’entoure. Il s’agit d’un mouvement où je me laisse toucher par la souffrance de l’autre et où, plutôt que d’en être sidéré, fasciné, je suis capable de penser et parler cette souffrance et, éventuellement, d’agir.

il n’y a pas de « maître de l’univers », seulement des humains qui tentent de faire de leur mieux dans un monde où, hélas, il y a des catastrophes, des accidents, des meurtres. Depuis l’aube des temps, les hommes ont à la fois cherché à s’en prémunir mais également ont été amenés à vivre avec ce réel, le ciel qui peut tomber sur la tête malgré la potion magique. Reconnaître cette part de non-maîtrisable et faire entendre à l’enfant qu’il y a moyen de vivre avec, c’est également aider ce dernier à grandir.

Il faut éviter de leur montrer n’importe quelles images. Parce que les images, pour les jeunes enfants, n’ont pas de caractère informatif.

Ca sidère, ça crée beaucoup d‘émotions, mais ça n’informe pas.

Inutile aussi de les envahir de détails techniques, concrets, de parler du sang, de la douleur, des balles tirées.

Satisfaire leur curiosité, oui. Chercher à les informer à tout prix, non.

Lorsque les parents auront répondu aux questions de leurs enfants, ils devront reprendre les rênes de la conversation et la ramener sur le terrain de la normalité « Hey, on ne va pas tarder à dîner. Tu viens m’aider à mettre la table ».

Si vous respectez les habitudes de tous les jours, vos enfants sauront que leur univers n’est pas menacé !

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