» JE VOUDRAIS ETRE MORT : C’EST UN SOUHAIT FREQUENT QUI PROUVE, DU MOINS QUELQUEFOIS, QU’IL Y A DES CHOSES PLUS PRECIEUSES QUE LA VIE » selon Denis DIDEROT

 

Lors de son 1er contact avec Max Schur qui allait devenir son médecin particulier, Freud s’adressa à lui en ces termes « Promettez-moi une chose encore : que lorsque viendra le moment, vous ne me laisserez pas souffrir inutilement ». 

Mais, d’où émane ce souhait énoncé ?

« La honte est honte de soi devant autrui », dit Sartre mais, en fin de vie, elle ne concerne plus un comportement mais la personne tout entière, épinglée devant le regard peu amène de certains soignants.

Il s’agirait alors, selon Collaud, d’une « honte d’être » qui l’éjecte de la communauté humaine. 

En effet, le patient n’est pas dupe de l’éventuelle comédie compassionnelle qui l’entoure, il sent qu’il encombre et qu’il ne suscite plus qu’indifférence ou pitié. Son sentiment de ne plus posséder aucune valeur l’amène à restaurer sa dignité en formulant lui-même son désir de mourir.

Mais elle est rarement une recherche de la mort, elle vise à mettre fin à une souffrance.

À défaut de trouver une autre solution pour s’extirper d’une impuissance douloureuse et dans une situation ressentie comme irréversible, la mort volontaire paraît la seule issue pour mettre un terme à une insupportable tension.

Elle est toujours le symptôme d’un épuisement du sens et de la liquidation de tout goût de vivre.

Elle marque la conviction d’un horizon sans fin d’une telle souffrance. 

Mais, le sujet est toujours pris dans les mailles de son histoire personnelle, il est « quelque part dans l’inachevé » comme l’affirmait Rilke, il ne cesse de se redéfinir selon les circonstances, il n’est pas toujours le même. 

Dès lors…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *