EN PHASE … EMPHASE

 

Un crayon en main, enfants puis ados, nous pouvions nous amuser à comptabiliser les stéréotypies verbales et/ou gestuelles de certains de nos enseignants à travers l’apposition de croix ou autres symboles sur notre feuille.

Aujourd’hui, devenus adultes et conseillers communautaires, nous pourrions agir de même avec l’expression « en phase » si souvent énoncée !

La subordination à l’ordre intercommunautaire est, certes, implicite, détournée, voire niée mais se réalise avec une efficacité d’autant plus grande qu’elle s’appuie sur des instruments apparemment neutres (comptabilité) et mettant en scène, de façon objective (chiffres, graphiques…), des normes de légitimité revendiquées au sein de l’espace politique intercommunal, affichant le « consensus » ou la déconflictualisation des rapports de force : coopération et collaboration de tous, solidarité et entente entre tous.

Dans cette interdépendance, dans cette économie du don et contre – don, la plupart perdent une grande partie de leur autonomie, de leur singularité politiques, voient leurs possibilités d’évoquer, d’imposer leurs points de vue et orientations politiques bien amoindries.

S’agit-il d’une expérience réellement délibérative ?

Différents indices l’infirment : un débat contrôlé en amont, une confusion entre dispositif délibératif et démocratie participative de même qu’entre démocratisation et démocratie.

Réalité, travestissement ou exagération de celle-ci ?

Je m’en arrête là car, comme l’a écrit LA BRUYERE, « les plus grandes choses n’ont besoin que d’être dites simplement, elles se gâtent par emphase ».

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