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POUR QUE LE RESPECT DE LA PERSONNE DANS SA DIMENSION PSYCHIQUE SOIT TOUJOURS UN DROIT INALIENABLE

 

Impactés en tant que citoyens français, en première ligne pour observer, analyser et accueillir les effets psychoaffectifs, psychosociaux et psychosomatiques sur le public dont nous prenons soin dans le cadre de nos activités professionnelles, bousculés et malmenés par nos instances dirigeantes, après presque deux ans de gestion de cette « crise Covid-19 », nous, psychologues, avons décidé de partager nos observations, nos interrogations, nos doutes et nos colères entre collègues.

Le constat est sans appel pour le collectif que nous avons constitué. En effet, la situation inédite que nous traversons et les réponses de nos dirigeants sont en opposition totale avec les valeurs et l’éthique que nous défendons quotidiennement dans notre profession.

Nous sommes alarmés par l’impact de cette gestion de crise sur la santé psychique et le bien-être de la population. Bien sûr, personne ne s’attend à ce qu’une crise soit un moment particulièrement heureux et s’il existe des façons d’accompagner sa famille, son clan, son groupe, ses compatriotes, à passer une crise et à en ressortir grandi, il en existe d’autres qui alimentent la crise, affaiblissent et annihilent les capacités psychiques d’adaptation et de résilience.

Les médias de toutes sortes ont déjà détaillé à maintes reprises les difficultés matérielles rencontrées dans la gestion de cette épidémie, ce n’est pas notre champ d’expertise. Nous ne reviendrons pas dessus même si beaucoup d’entre nous assistent impuissants à la dégradation des moyens humains et matériels donnés aux hôpitaux pour soigner les personnes avec la dignité qu’elles méritent et ce, depuis bien avant l’arrivée du virus Sars-cov-2.

Laissons donc de côté l’aspect de destruction du système de santé et concentrons-nous sur la gestion humaine de cette crise et ses effets délétères sur la population, comme les troubles psychiques impactant toutes les classes d’âge, ainsi que toutes les catégories socioprofessionnelles. Dépression, burn-out et stress post-traumatique en sont les maîtres mots. Il ne suffit pas de proposer de rembourser quelques séances de thérapie à des personnes qu’on a angoissées, enfermées, contrôlées et désorientées dans un moment de vulnérabilité extrême pour les réparer en 3 à 10 séances.

Au lieu d’humanité et d’aide soutenante apportées à la population, nous avons repéré l’utilisation de techniques de persuasion, et même de manipulation, issues du management, du marketing et de la technocratie, qui peuvent être qualifiées de perverses, voire cyniquement harceleuses, si jamais elles se révélaient être utilisées à dessein pour poser les jalons d’un régime totalitaire.

Injonctions paradoxales, discours alarmistes s’appuyant sur une énumération de faits ou de statistiques décontextualisés, renversement en son contraire ou inversion des valeurs morales, attaque des besoins primaires (tant sur le plan physiologique, du sentiment de sécurité que du lien social), chantage et menaces, instauration de clivages (en bon/mauvais, vax/antivax, responsables/complotistes, etc.) iniquité des décisions, culpabilisation, aboutissent à l’augmentation de vécus dissociatifs tel que la déréalisation et la dissonance cognitive, résultant de la croyance en des idées ou des valeurs contradictoires, et engendrent un mal-être difficilement surmontable et pathogène.

C’est ainsi qu’en mobilisant principalement les émotions sidérantes comme la peur, la culpabilité et la honte plutôt que les capacités cognitives et intellectuelles des individus, les discours médiatiques et officiels obtiennent l’adhésion à des idéologies et à des comportements auxquels les individus n’adhéreraient probablement pas si seules leurs capacités d’analyse et de discernement étaient sollicitées. Le système actuel entretient une régression vers un fonctionnement infantile, dans lequel le chantage, la peur et l’intrusion perverse permettent d’obtenir l’obéissance.

Nous ne pouvons manquer de repérer aussi, dans les différents aspects de cette gestion de crise, les principes et les mécanismes identifiés par le sociologue Albert D. Biderman pour faire plier psychologiquement un individu.

 

 

 

L’isolement en est la première composante. Il engendre repli et préoccupation excessive centrée sur soi, rupture avec le soutien social permettant de résister et dépendance à l’autorité. Associé à la médiatisation d’une pensée narrative unique considérée comme la seule valable, l’isolement annihile l’esprit critique et accentue la réticence à s’exprimer et à s’interroger, de peur d’être stigmatisé, considéré comme “complotiste” et exclu de son clan familial, amical ou professionnel.

L’isolement physique et psychologique, la confusion, le doute, la peur et la tension permanente que la gestion de cette crise a fait vivre aux Français ont fragilisé leur santé psychique mais aussi leur santé physique. Que penser de ces choix stratégiques qui, pour sauver des vies, en sacrifient tant d’autres par ailleurs ? En effet, parmi les dommages collatéraux des confinements successifs, nous observons dans nos consultations une augmentation des suicides, y compris chez les enfants, des violences intrafamiliales, des pratiques incestueuses, des troubles anxio-dépressifs, des syndromes de glissement massifs dans les Ehpad et les hôpitaux, etc.

Aujourd’hui, le gouvernement rajoute encore à nos concitoyens une épreuve supplémentaire, en choisissant de les diviser par la stigmatisation de la vaccination et de l’obéissance.

Nous n’acceptons pas qu’un schéma vaccinal, à partir de techniques expérimentales aux résultats discutables, puisse être imposé à notre profession et à nos collègues soignants, obligeant ceux qui refusent de s’y soumettre à renoncer à leur métier. En l’état actuel de la loi du 5 août 2021, les psychologues faisant usage du titre, quel que soit leur lieu d’exercice, y compris en libéral et par téléconsultation, perdent leur droit d’exercer et leur rémunération s’ils ne satisfont pas à l’obligation vaccinale.

Nous exigeons l’arrêt immédiat de toutes les formes de pression, de violences économiques, sociales et psychologiques, de chantage et de discriminations exercées sur nous, nos collègues et les concitoyens ne souhaitant pas se faire vacciner. Nous demandons le rétablissement d’une stratégie favorisant le choix et l’implication individuelle et ce, à partir d’une information libre et éclairée.

Nous ne pouvons pas plus cautionner le passe sanitaire ou la diffusion des données biomédicales pour accéder à la vie quotidienne, du fait non seulement de son caractère discriminant et asservissant mais également à cause du manque de respect du secret médical. A ceux qui pourraient nous opposer ici la dangerosité du virus et la prévalence de la santé publique sur l’atteinte aux libertés individuelles, nous répondons que toutes les options de prophylaxie et de traitements ne sont pas étudiées pour nous permettre de vivre avec, en pleine conscience et responsabilité.

Aujourd’hui, les citoyens qui se croyaient protégés par des lois acquises et essentielles à la garantie de leurs libertés et de leur égalité, se retrouvent à nu et en perte de repères dans un monde qu’ils ne reconnaissent plus. Nous avons tous à redouter les conséquences de cette inversion des valeurs que cette nouvelle donne politique érige en modèle sociétal.

Dans ce contexte inédit où les principes fondamentaux de notre code de déontologie sont mis à mal, nous lançons aussi un appel à tous nos collègues psychologues.

N’ayez pas peur de prendre position pour le respect des « libertés et droits fondamentaux garantis par la loi et la Constitution, par les principes généraux du Droit communautaire et par les conventions et traités internationaux.” Restons attachés « à respecter l’autonomie de la personne et en particulier son droit à l’information, sa liberté de jugement et de décision »? Tout ce qui constitue le premier principe du code de déontologie des psychologues parce que : « Le respect de la personne dans sa dimension psychique est un droit inaliénable. Sa reconnaissance fonde l’action des psychologues. »

Nous devons comprendre là qu’il ne peut s’aliéner sous aucun prétexte, ni même aucun régime dit d’exception. En aucun cas un psychologue ne saurait être l’instrument d’un pouvoir qui devient pathologique, malsain, intrusif et traumatique, puisque sa fonction au contraire, c’est bien d’en émanciper les individus.

Engageons-nous ensemble pour le respect de nos choix concernant notre intégrité physique et psychique.

Interrogeons notre posture professionnelle et déontologique en nous demandant comment continuer d’accompagner des personnes vers une meilleure autonomie de pensée si nous sommes nous-mêmes assujettis à une pensée unique ?

Cette question se pose de la même façon que celle concernant la restriction de nos pratiques à des outils ou des méthodes imposées par décret, à la volonté de nous soumettre à l’allégeance à la pensée étatique par un ordre professionnel, ou à celle de la pensée médicale par la paramédicalisation de notre profession, tel que nous le dénoncions en nombre en manifestant le 10 juin dernier.

Comment garder notre propre autonomie de penser et d’agir, en dehors de toute contrainte normative, pour nous-mêmes et pour les personnes que nous accompagnons, d’autant plus lorsque cette dernière est changeante, aléatoire et arbitraire ?

Nous invitons donc tout collègue, tout professionnel du soin et de l’accompagnement et plus largement toute personne se reconnaissant dans ces principes, à nous soutenir, à réagir et à s’organiser.

Copie du Texte publié le 31 août 2021 sur le site Les Lignes Bougent

 

 

 

RIMBAUD ENFANT ET ADOLESCENT

La vie et l’œuvre d’Arthur Rimbaud, une vie gouvernée par le traumatisme de l’enfance, la passion et la sexualité est paradigmatique d’une adolescence remplie de violence et de souffrance.

Arthur Rimbaud, célèbre jeune homme, maudit par lui-même, dissident et révolté, fait rimer, en effet, dans sa vie comme dans sa création esthétique et poétique l’adolescence à la violence et à la souffrance.

Tout au long de ses productions, il n’a cessé d’évoquer ses « souffrances » qui sont, écrit-il, « énormes, mais il faut être fort » pour échapper au désespoir et à l’autodestruction directe et radicale.

Arthur Rimbaud n’a que 6 ans lorsque son père déserte le foyer conjugal et familial.

Son enfance malheureuse dans un milieu très modeste, rigoriste et « sans chaleur », est bien narrée dans son poème en prose Enfance, qui suit directement Après le déluge, texte ouvrant le recueil des Illuminations..

L’âpre brise d’hiver qui se lamente au seuil

Souffle dans le logis son haleine morose ! …

Et là, c’est comme un nid sans plume, sans chaleur,

Où les petits ont froid, ne dorment pas, ont peur ;

Un nid que doit avoir glacé la bise amère… »

Les Étrennes des orphelins, janvier 1870

 

Rimbaud cherche à retranscrire le manque d’une enfance calmante et consolante, enfance qu’il ignore, confronté très tôt à la brutalité et à la férocité du monde qui vous « chasse » en cas de besoin.

Assurément, son enfance est dominée par la privation, l’abandon et l’excès.

Il est très tôt victime de la carence et de l’absence, d’être « sans parents », victime d’un père rejetant et abandonnant et d’une mère froide et autoritaire, insécurisante et « sans qualités ».

Le thème de l’abandon et du délaissement est prédominant dans l’œuvre de Rimbaud « Je serais bien l’enfant abandonné sur la jetée partie à la haute mer… ».

Le manque du père a été déterminant dans la vie chaotique et embrouillée du jeune poète.

Cet adolescent génial est, dans ses nombreuses pérégrinations, en perpétuelle quête du père et de sa loi.

En ce sens, même la relation amoureuse passionnelle avec Verlaine (lui aussi comme le père d’Arthur abandonnant femme et enfant) n’évoque-telle pas une représentation du lien (retrouvé) avec la figure paternelle dans un Œdipe adolescent tardif et inversé ?

L’adolescent Arthur, en manque précoce du père, n’a-t-il pas tenté de retrouver une image paternelle incestueuse en la personne de Paul Verlaine, un père-amant ?

 

Après sa renonciation à l’écriture, Rimbaud se trouve au bord de la folie. C’est la période des péripéties, des extravagances, des comportements déraisonnables et incohérents.

Il est à ce moment-là comme « habité » et « visité » par le fantôme du père sous la forme d’un fantasme d’identification qui opère comme un « visiteur du moi », image paternelle, longtemps refoulée et tenue dans le silence, qui revient à la rescousse d’un adolescent abîmé.

Ainsi, le comportement « bizarre » de l’adolescent Arthur, lorsqu’il cesse la littérature pour partir en Afrique, était déterminé par le « fantôme » paternel.

La poésie de l’adolescent Rimbaud est globalement et sans conteste celle du dégoût, de l’écœurement et du sale.

Il prône également l’illumination, la recherche d’un absolu au travers du dérèglement de tous les sens.

À ce titre, on peut lui comparer Lautréamont, adulé comme lui et Sade, par les surréalistes, et qui a su plus que lui encore créer une poésie du désespoir et de l’immonde. Arthur Rimbaud se sent victime d’une sorte de fatalité qui s’abat et qui s’acharne sans pitié sur lui, d’un destin malheureux et implacable.

Le 10 juin 1871, Rimbaud adresse une lettre à Demeny incluant Le cœur du pitre, ce nouveau titre mettant en évidence l’identité du narrateur, le pitre, c’est-à-dire le clown, l’histrion, le funambule, le saltimbanque, qui sont des allégories traditionnelles du poète.

L’adolescent Rimbaud a le sentiment d’être confiné au secret et au silence : « Voilà le mouchoir de dégoût qu’on m’a enfoncé dans la bouche. C’est bien simple » (lettre à Demeny du 28 août 1871).

Sa détresse est immense.

LE COEUR DU PITRE

Mon triste Coeur bave à la poupe,
Mon coeur est plein de caporal:
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste Coeur bave à la poupe:
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur est plein de caporal !

Ithyphalliques et pioupiesques,
Leurs insultes l’ont dépravé !
À la vesprée, ils font des fresques
Ithyphalliques et pioupiesques.
Ô flots abracadabrantesques
Prenez mon coeur, qu’il soit sauvé:
Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l’ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques
Comment agir, ô coeur volé ?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques
J’aurai des sursauts stomachiques:
Si mon coeur triste est ravalé:
Quand ils auront tari leurs chiques
Comment agir, ô coeur volé ?


Juin 1871

 

MÉMOIRE OUVRIÈRE A LA CLOCHETTE

Dès sa mise en place, le Conseil de Quartier de La Clochette  avait souhaité travailler autour de la mémoire minière de son quartier.

Avant acceptation du projet, une 1ère étape mémorielle a porté sur les  » retrouvailles  » des anciens élèves de l’école Gounod, ex  école Gayant… Pour les quelques 200 participants, outre la joie de se retrouver, de partager des souvenirs d’enfance, l’évocation de  » la vie à La CLochette en ce temps-là  » fut trés intéressante.

L’école, en effet, a été en effet le creuset républicain pour tous les enfants  de La Clochette, le lieu de rencontre de leurs parents, issus de nationalités très différentes : de 1958 à 1998 : 6 ou 7, en proportion différente selon l’époque : de majoritairement d’origine polonaise au début à majoritairement marocaine à la fin.

Différentes nationalités certes mais même classe sociale : mineurs évidemment puisque la Clochette a été créée pour héberger et fournir la main d’œuvre de Notre Dame ( en 1961 : 89 %)  mais également beaucoup de petits métiers ouvriers et artisans (soudeur, grutier, manœuvre, Cordier, marinier, maçon, chaudronnier, cuisinier, magasinier…).

Même classe sociale, celle qui produit les richesses, qui a participé au relèvement de l’économie de la France, c’est aussi une population qui a de faibles ressources : en 1987, 95% des enfants entrant en 6ème sont boursiers…

Quelques mots encore pour souligner l’intérêt du projet mais aussi sa difficulté… ressentie tant dans le conseil de quàrtier que che les habitants.

Comment, de l’extérieur, entrer dans l’initimité d’une vie – qui fut toujours difficile et souvent dramatique, même pour les enfants et petits enfants?… Une dame a pleuré juste à l’évocation  du projet.

Parllelement, il existe des témoins heureux de se confier, pour partager des souvenirs plus ou moins enfouis, pour retrouver la fierté des travailleurs … de l’ombre… avec tous les obstacles liés au logement, à la santé, à la discrimination. Certains se sont battus pour les conditions de vie et de travail de la corporation, pour leur dignité… Ce combat continue pour certains.

19 ans aprés la fermeture du dernier puits dans le Nord Pas de Calais, les mineurs de Notre Dame doivent trouver leur place dans la mémoire collective de La Clochette.

Honorés de pouvoir s’inscrire dans ce projet, pour cette histoire qui suscite à la fois émotion et admiration mais il est indispensable de respecter humilité et humanité pour y travailler…

2019 : UNE ANNEE PLUS SOLIDAIRE ET PLUS EQUITABLE

… dans un pays où la proximité – partiellement constitutive du lien social – est en danger

… dans un pays où les quartiers périphériques des centres villes, le monde rural, par l’éloignement des services publics, sont confrontés à un sentiment d’abandon

c’est le profit au détriment du respect de l’égalité des citoyens devant les services publics, citoyens n’étant d’ailleurs plus des usagers mais des clients

un exemple : La Poste qui ferme de nombreux bureaux, souhaitant se « replier » vers des activités plus rentables comme la banque, l’assurance et l’économie de service aux séniors

… dans un pays où les injustices persistent et les inégalités s’amplifient

1 personne sur 5, en France, se trouve dans une situation de précarité alimentaire, ce qui ne lui permet pas d’assurer 3 repas par jour

… dans un pays où l’industrie est en déclin

la production industrielle représente environ 12% du P.I.B. contre 16 % dans la zone Euro et 22 % en Allemagne

165 emplois industriels sont supprimés, en moyenne, chaque jour depuis 2001

pour la seule région des Hauts de France, plus de 14 000 emplois supprimés dans la sidérurgie et la métallurgie entre 2008 et 2016

sur les 28 pays de l’Union Européenne, la France n’occupe que la 24ème place en part d’industries dans le P.I.B.

… dans un pays où il y a urgence à s’affranchir des contraintes de l’unique rentabilité financière et à développer une politique publique forte et volontariste autour d’un Etat qui doit devenir stratège et visionnaire

force est de constater que la suppression de l’I.S.F. n’a nullement favorisé la relance de l’investissement productif

… dans un pays où la crise politique actuelle témoigne de la fracture sociale et territoriale

… dans un pays où chacun doit être entendu, respecté sans devoir être confronté à la précarité comme à l’incertitude du lendemain

… dans un pays où chacun doit pouvoir VIVRE DIGNEMENT !

L’HUMAIN D’ABORD

 

De fin 1980 à nos jours, a pu être constatée une extension hyperbolique d’un modèle entreprenarial appliqué au sujet humain.

Les propos récurrents laissent entendre, par exemple, que l’on doit « gérer… son deuil… ».

Tout traduit l’émergence de symptômes liés à une colonisation des esprits par un libéralisme financier appliqué, de plus en plus fréquemment, à l’ensemble des problèmes humains.

Ainsi, l’acte d’enseigner ne repose plus sur le souci de la transmission mais sur la meilleure façon de préformater un élève pour être le mieux placé dans les scores et faire monter d’un cran le Lycée d’appartenance dans la hiérarchie des palmarès.

De même, l’acte journalistique se résume à appâter le spectateur – consommateur d’informations et à contribuer à amplifier l’audimat.

La finalité de l’accompagnement humain se perd au profit d’une quantification et d’une procédure de plus en plus conformiste.

EN PHASE … EMPHASE

 

Un crayon en main, enfants puis ados, nous pouvions nous amuser à comptabiliser les stéréotypies verbales et/ou gestuelles de certains de nos enseignants à travers l’apposition de croix ou autres symboles sur notre feuille.

Aujourd’hui, devenus adultes et conseillers communautaires, nous pourrions agir de même avec l’expression « en phase » si souvent énoncée !

La subordination à l’ordre intercommunautaire est, certes, implicite, détournée, voire niée mais se réalise avec une efficacité d’autant plus grande qu’elle s’appuie sur des instruments apparemment neutres (comptabilité) et mettant en scène, de façon objective (chiffres, graphiques…), des normes de légitimité revendiquées au sein de l’espace politique intercommunal, affichant le « consensus » ou la déconflictualisation des rapports de force : coopération et collaboration de tous, solidarité et entente entre tous.

Dans cette interdépendance, dans cette économie du don et contre – don, la plupart perdent une grande partie de leur autonomie, de leur singularité politiques, voient leurs possibilités d’évoquer, d’imposer leurs points de vue et orientations politiques bien amoindries.

S’agit-il d’une expérience réellement délibérative ?

Différents indices l’infirment : un débat contrôlé en amont, une confusion entre dispositif délibératif et démocratie participative de même qu’entre démocratisation et démocratie.

Réalité, travestissement ou exagération de celle-ci ?

Je m’en arrête là car, comme l’a écrit LA BRUYERE, « les plus grandes choses n’ont besoin que d’être dites simplement, elles se gâtent par emphase ».

JE ME VOYAIS DEJA…

 

La sentimentalité réaliste constitue la marque de fabrique Aznavour, son gage d’authenticité.
Liée à la sentimentalité, la nostalgie apparaît comme un trait caractéristique de son œuvre soit le regret d’une chose, d’un temps, d’un état, l’évocation d’un désir insatisfait, voire un état de mélancolie, de tristesse.

Dans la suite de Villon, Du Bellay, Vigny, Nerval, Hugo et Verlaine entre autres…

Chez Aznavour, la nostalgie constitue un véritable leitmotiv esthétique et thématique, s’appuyant sur des détails réalistes et une minutie dans l’expression des sentiments.

La plupart de ses textes sont écrits à la 1ere personne contribuant ainsi à créer l’illusion d’authenticité, l’effet de réalisme se construit grâce à des textes ancrés dans le quotidien, à son jeu d’acteur, à sa voix déchirée, à une musique qui sied au thème presque de façon formulaire.

Il parle d’êtres singuliers et communs, photographiés dans l’instant.

Ses textes s’inscrivent dans la suite des Trente Glorieuses qui valorisent l’individu sur la communauté, celui qui construit sa vie avec les moyens du bord, aussi misérables puissent-ils être !

Existent 3 grands axes de nostalgie chez Aznavour : celle du temps qui passe, normalement associée à la jeunesse perdue, celle du sentimental, de l’amour disparu car foncièrement éphémère, celle de l’avenir qui anticipe et appréhende la fin inéluctable de toute chose ou qui se construit sur le désir d’un ailleurs idéalisé.

Chansons d’amour passionnel, comblé ou contrarié « il faut savoir », des chansons de célébration « Les comédiens » « Les plaisirs démodés », des chansons à thème « Comme ils disent » et surtout des chansons nostalgiques car elles expriment le regret d’un temps, d’une situation ou d’un lieu qui se trouvent ailleurs, éloignés du moment présent.

La fugacité de l’existence et notamment de la jeunesse, est une obsession thématique.
« Hier encore » évoque un sujet tourmenté par la fugacité du temps, regrette sa jeunesse insouciante face à son présent désenchanté.

« La bohème » présente un sujet qui, installé dans le présent, remémore à l’imparfait ses années de jeunesse et constate la disparition de ses illusions, de son génie et de son amour en prenant les accents douloureux de la perte.
Une atmosphère sonore dense, parfaitement coordonnée avec le texte, montrant un sujet dolent et mélancolique puis désabusé, saturé par les regrets et la conscience de l’inéluctabilité du temps.

Nostalgie de l’amour perdu où le sujet regrette son aimée morte « Non je n’ai rien oublié », où la nostalgie se combine à l’espoir « trousse chemise ».
L’ennui, l’incommunication et l’amertume s’imposent face au souvenir des temps heureux.
L’aveu d’un homme récriminant sa femme qui est devenue une mégère peu attirante « Tu te laisses aller » (et, au passage, un sexisme profond).

La nostalgie peut se projeter dans l’avenir non seulement comme un regret anticipé mais aussi comme un désir tout aussi irréel et inassouvissable que le désir de récupérer le temps perdu.
« Je me voyais déjà » parle d’un sujet qui continue à projeter sa pulsion vitale vers un temps qui viendra.. peut-être…

Mais, une des conditions pour devenir une star est la capacité de personnifier, d’incarner certaines idées et certaines valeurs auprès d’un public de masse.

LA PARITÉ AU 8 MARS 2018…

 

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Depuis l’ordonnance du 21 avril 1944, le droit de Vote et d’Eligibilité a été accordé aux Femmes.

Puis, la parité  » quantitative » est certes devenue obligatoire mais la parité « qualitative » fait encore trop souvent défaut! Au-delà du partage des siëges, qu’en est-il du partage effectif du pouvoir entre Femmes et Hommes ?

70 ans plus tard, en 2014, la C.A.D. a désigné ses très ( trop) nombreux Vice Présidents et aucun des Présidents de groupe n’a proposé une Femme !!!

Devons – nous donc retenir que seul un article de loi aurait pu les contraindre à penser et à admettre qu’une Femme possède des compétences analogues à celles d’un Homme ?

A LA FOIRE DE DOUAI, CUBA NO !

 

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A la Foire de Douai : Cuba NO ?

Curieux de l’exposition sur Cuba proposée par les organisateurs de la Foire commerciale de Douai cette année, la visite nous a laissé un amer sentiment d’insatisfaction et même, pour certains, d’écoeurement.

Cuba réduite à une poignée d’images d’Epinal : une verroterie de pacotille, la poussière d’un intérieur miséreux, la fabrication – clandestine ? – de cigares¦

Cuba ringardisée à  souhait, fossilisée dans un décor de théâtre suranné pour touristes. Restent, ça et là , de belles photos qui permettent de retrouver les couleurs de La Havane, le sourire des Cubains, le Malecon et sa promenade, prodigieuse interface des mondes atlantique et caraïbe.

Cuba mérite mieux sans doute. Nul ne prétendra que la situation n’y est pas difficile : une économie frappée par la chute de l’URSS, le féroce blocus américain toujours actuel, les tortionnaires yankee qui occupent toujours la base de Guantanamo, à l’extrémité de l’île, malgré les timides efforts d’Obama, et toujours, les tentatives de coup d’Etat des anticastristes financés par la CIA, qui rêvent de voir l’le réintégrer leur chasse gardée.

Cuba pourtant est toujours debout. Les récentes tornades, qui ne l’ont pas épargnée, ont encore montré au monde combien la mobilisation et la solidarité des Cubains permettaient au pays de faire face mieux qu’ailleurs aux destructions et au chaos qu’ont connu les îles avoisinantes, de la pauvre Haïti aux îles françaises de Saint Martin et de Saint Barthélémy, dont le développement n’est qu’un mot : « paradis fiscal ».

Cet autre visage de Cuba, son programme social, que l’île n’a sacrifié ni à  la crise ni aux sirènes du néolibéralisme armé qui ravage la zone caraïbe, où est-il dans l’exposition de la Foire de Douai ? L’éducation, la santé, la culture – le plus fort taux d’alphabétisation des Amériques, loin devant les USA – de haut niveau et totalement gratuite pour tous, ne mériteraient-elles pas de questionner notre regard ?

Rien de tout cela dans l’exposition, toute d’idéologie banale, de consumérisme touristique et d’humanité desséchée. Et pourtant regarder Cuba, c’eest aussi considérer combien cette humanité-là  nous regarde, combien l’aire caraïbe, comme le soulignait récemment le poète Patrick Chamoiseau, est, « aux grands vents de la relation », ouverte aux « frères migrants », au coeur de l’invention d’une modernité qui refuse les barbares injonctions de la mondialisation capitaliste.

Oui, encore une fois, Cuba, mérite un autre regard. Cuba, SI.

8 MARS 2017 : JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES DANS UN MONDE DU TRAVAIL EN EVOLUTION

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Le monde du travail change et chacun d’entre nous doit faire face à la mondialisation comme à la révolution technologique et numérique.

Toute réforme du Code du Travail devrait se donner, pour objectif 1er, de faire, enfin, de l’égalité, une réalité et de favoriser la pleine réalisation du potentiel des Femmes.

Or, la loi El Khomri ne vise certes pas explicitement une dégradation de la situation de la Femme au travail mais aura un impact négatif sur elle, comportant un risque de discrimination indirecte.

A l’échelle mondiale, l’écart salarial entre Homme et Femme se situe à 24 %  et, en matière d’inégalité salariale,la France se positionne à la 132ème place sur 145 pays !

La loi El Khomri repose sur l’inversion des normes et fait systématiquement primer les accords d’entreprise sur les accords de branche. Ce principe est fondamentalement nuisible à la lutte pour l’égalité professionnelle.

Les Femmes sont plus nombreuses dans les T.P.E. / P.M.E. , le commerce, l’aide à domicile … soit des lieux où il existe moins d’implantations syndicales donc moins de possibilités de négocier et de se mobiliser.

Par ailleurs, le temps de travail est le 1er facteur discriminant pour les Femmes qui effectuent toujours 80 % des tâches domestiques et c’est également 80 % des Femmes qui sont des salariés à temps partiel disposant d’un salaire et d’une protection sociale partielle mais devant faire face à une flexibilité comme à des amplitudes horaires conséquentes.

La loi augmente les durées maximales de travail, notamment pour les cadres et renforce la possibilité, pour l’employeur, de modifier de façon unilatérale horaires et temps de travail. Les délais de prévenance, en cas de changement d’horaires, peuvent être réduits à 3 jours au lieu de 7  et, pour toutes celles qui ne pourront pas s’adapter, les modalités de licenciement seront simplifiées.

Pour les salariés à temps partiel, choix délibérés ou contraints de nombreuses Femmes, c’est donc la double peine : un salaire partiel, une précarité maximale.