Archives de catégorie : Société

2019 : UNE ANNEE PLUS SOLIDAIRE ET PLUS EQUITABLE

… dans un pays où la proximité – partiellement constitutive du lien social – est en danger

… dans un pays où les quartiers périphériques des centres villes, le monde rural, par l’éloignement des services publics, sont confrontés à un sentiment d’abandon

c’est le profit au détriment du respect de l’égalité des citoyens devant les services publics, citoyens n’étant d’ailleurs plus des usagers mais des clients

un exemple : La Poste qui ferme de nombreux bureaux, souhaitant se « replier » vers des activités plus rentables comme la banque, l’assurance et l’économie de service aux séniors

… dans un pays où les injustices persistent et les inégalités s’amplifient

1 personne sur 5, en France, se trouve dans une situation de précarité alimentaire, ce qui ne lui permet pas d’assurer 3 repas par jour

… dans un pays où l’industrie est en déclin

la production industrielle représente environ 12% du P.I.B. contre 16 % dans la zone Euro et 22 % en Allemagne

165 emplois industriels sont supprimés, en moyenne, chaque jour depuis 2001

pour la seule région des Hauts de France, plus de 14 000 emplois supprimés dans la sidérurgie et la métallurgie entre 2008 et 2016

sur les 28 pays de l’Union Européenne, la France n’occupe que la 24ème place en part d’industries dans le P.I.B.

… dans un pays où il y a urgence à s’affranchir des contraintes de l’unique rentabilité financière et à développer une politique publique forte et volontariste autour d’un Etat qui doit devenir stratège et visionnaire

force est de constater que la suppression de l’I.S.F. n’a nullement favorisé la relance de l’investissement productif

… dans un pays où la crise politique actuelle témoigne de la fracture sociale et territoriale

… dans un pays où chacun doit être entendu, respecté sans devoir être confronté à la précarité comme à l’incertitude du lendemain

… dans un pays où chacun doit pouvoir VIVRE DIGNEMENT !

L’HUMAIN D’ABORD

 

De fin 1980 à nos jours, a pu être constatée une extension hyperbolique d’un modèle entreprenarial appliqué au sujet humain.

Les propos récurrents laissent entendre, par exemple, que l’on doit « gérer… son deuil… ».

Tout traduit l’émergence de symptômes liés à une colonisation des esprits par un libéralisme financier appliqué, de plus en plus fréquemment, à l’ensemble des problèmes humains.

Ainsi, l’acte d’enseigner ne repose plus sur le souci de la transmission mais sur la meilleure façon de préformater un élève pour être le mieux placé dans les scores et faire monter d’un cran le Lycée d’appartenance dans la hiérarchie des palmarès.

De même, l’acte journalistique se résume à appâter le spectateur – consommateur d’informations et à contribuer à amplifier l’audimat.

La finalité de l’accompagnement humain se perd au profit d’une quantification et d’une procédure de plus en plus conformiste.

EN PHASE … EMPHASE

 

Un crayon en main, enfants puis ados, nous pouvions nous amuser à comptabiliser les stéréotypies verbales et/ou gestuelles de certains de nos enseignants à travers l’apposition de croix ou autres symboles sur notre feuille.

Aujourd’hui, devenus adultes et conseillers communautaires, nous pourrions agir de même avec l’expression « en phase » si souvent énoncée !

La subordination à l’ordre intercommunautaire est, certes, implicite, détournée, voire niée mais se réalise avec une efficacité d’autant plus grande qu’elle s’appuie sur des instruments apparemment neutres (comptabilité) et mettant en scène, de façon objective (chiffres, graphiques…), des normes de légitimité revendiquées au sein de l’espace politique intercommunal, affichant le « consensus » ou la déconflictualisation des rapports de force : coopération et collaboration de tous, solidarité et entente entre tous.

Dans cette interdépendance, dans cette économie du don et contre – don, la plupart perdent une grande partie de leur autonomie, de leur singularité politiques, voient leurs possibilités d’évoquer, d’imposer leurs points de vue et orientations politiques bien amoindries.

S’agit-il d’une expérience réellement délibérative ?

Différents indices l’infirment : un débat contrôlé en amont, une confusion entre dispositif délibératif et démocratie participative de même qu’entre démocratisation et démocratie.

Réalité, travestissement ou exagération de celle-ci ?

Je m’en arrête là car, comme l’a écrit LA BRUYERE, « les plus grandes choses n’ont besoin que d’être dites simplement, elles se gâtent par emphase ».

JE ME VOYAIS DEJA…

 

La sentimentalité réaliste constitue la marque de fabrique Aznavour, son gage d’authenticité.
Liée à la sentimentalité, la nostalgie apparaît comme un trait caractéristique de son œuvre soit le regret d’une chose, d’un temps, d’un état, l’évocation d’un désir insatisfait, voire un état de mélancolie, de tristesse.

Dans la suite de Villon, Du Bellay, Vigny, Nerval, Hugo et Verlaine entre autres…

Chez Aznavour, la nostalgie constitue un véritable leitmotiv esthétique et thématique, s’appuyant sur des détails réalistes et une minutie dans l’expression des sentiments.

La plupart de ses textes sont écrits à la 1ere personne contribuant ainsi à créer l’illusion d’authenticité, l’effet de réalisme se construit grâce à des textes ancrés dans le quotidien, à son jeu d’acteur, à sa voix déchirée, à une musique qui sied au thème presque de façon formulaire.

Il parle d’êtres singuliers et communs, photographiés dans l’instant.

Ses textes s’inscrivent dans la suite des Trente Glorieuses qui valorisent l’individu sur la communauté, celui qui construit sa vie avec les moyens du bord, aussi misérables puissent-ils être !

Existent 3 grands axes de nostalgie chez Aznavour : celle du temps qui passe, normalement associée à la jeunesse perdue, celle du sentimental, de l’amour disparu car foncièrement éphémère, celle de l’avenir qui anticipe et appréhende la fin inéluctable de toute chose ou qui se construit sur le désir d’un ailleurs idéalisé.

Chansons d’amour passionnel, comblé ou contrarié « il faut savoir », des chansons de célébration « Les comédiens » « Les plaisirs démodés », des chansons à thème « Comme ils disent » et surtout des chansons nostalgiques car elles expriment le regret d’un temps, d’une situation ou d’un lieu qui se trouvent ailleurs, éloignés du moment présent.

La fugacité de l’existence et notamment de la jeunesse, est une obsession thématique.
« Hier encore » évoque un sujet tourmenté par la fugacité du temps, regrette sa jeunesse insouciante face à son présent désenchanté.

« La bohème » présente un sujet qui, installé dans le présent, remémore à l’imparfait ses années de jeunesse et constate la disparition de ses illusions, de son génie et de son amour en prenant les accents douloureux de la perte.
Une atmosphère sonore dense, parfaitement coordonnée avec le texte, montrant un sujet dolent et mélancolique puis désabusé, saturé par les regrets et la conscience de l’inéluctabilité du temps.

Nostalgie de l’amour perdu où le sujet regrette son aimée morte « Non je n’ai rien oublié », où la nostalgie se combine à l’espoir « trousse chemise ».
L’ennui, l’incommunication et l’amertume s’imposent face au souvenir des temps heureux.
L’aveu d’un homme récriminant sa femme qui est devenue une mégère peu attirante « Tu te laisses aller » (et, au passage, un sexisme profond).

La nostalgie peut se projeter dans l’avenir non seulement comme un regret anticipé mais aussi comme un désir tout aussi irréel et inassouvissable que le désir de récupérer le temps perdu.
« Je me voyais déjà » parle d’un sujet qui continue à projeter sa pulsion vitale vers un temps qui viendra.. peut-être…

Mais, une des conditions pour devenir une star est la capacité de personnifier, d’incarner certaines idées et certaines valeurs auprès d’un public de masse.

LA PARITÉ AU 8 MARS 2018…

 

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Depuis l’ordonnance du 21 avril 1944, le droit de Vote et d’Eligibilité a été accordé aux Femmes.

Puis, la parité  » quantitative » est certes devenue obligatoire mais la parité « qualitative » fait encore trop souvent défaut! Au-delà du partage des siëges, qu’en est-il du partage effectif du pouvoir entre Femmes et Hommes ?

70 ans plus tard, en 2014, la C.A.D. a désigné ses très ( trop) nombreux Vice Présidents et aucun des Présidents de groupe n’a proposé une Femme !!!

Devons – nous donc retenir que seul un article de loi aurait pu les contraindre à penser et à admettre qu’une Femme possède des compétences analogues à celles d’un Homme ?

A LA FOIRE DE DOUAI, CUBA NO !

 

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A la Foire de Douai : Cuba NO ?

Curieux de l’exposition sur Cuba proposée par les organisateurs de la Foire commerciale de Douai cette année, la visite nous a laissé un amer sentiment d’insatisfaction et même, pour certains, d’écoeurement.

Cuba réduite à une poignée d’images d’Epinal : une verroterie de pacotille, la poussière d’un intérieur miséreux, la fabrication – clandestine ? – de cigares¦

Cuba ringardisée à  souhait, fossilisée dans un décor de théâtre suranné pour touristes. Restent, ça et là , de belles photos qui permettent de retrouver les couleurs de La Havane, le sourire des Cubains, le Malecon et sa promenade, prodigieuse interface des mondes atlantique et caraïbe.

Cuba mérite mieux sans doute. Nul ne prétendra que la situation n’y est pas difficile : une économie frappée par la chute de l’URSS, le féroce blocus américain toujours actuel, les tortionnaires yankee qui occupent toujours la base de Guantanamo, à l’extrémité de l’île, malgré les timides efforts d’Obama, et toujours, les tentatives de coup d’Etat des anticastristes financés par la CIA, qui rêvent de voir l’le réintégrer leur chasse gardée.

Cuba pourtant est toujours debout. Les récentes tornades, qui ne l’ont pas épargnée, ont encore montré au monde combien la mobilisation et la solidarité des Cubains permettaient au pays de faire face mieux qu’ailleurs aux destructions et au chaos qu’ont connu les îles avoisinantes, de la pauvre Haïti aux îles françaises de Saint Martin et de Saint Barthélémy, dont le développement n’est qu’un mot : « paradis fiscal ».

Cet autre visage de Cuba, son programme social, que l’île n’a sacrifié ni à  la crise ni aux sirènes du néolibéralisme armé qui ravage la zone caraïbe, où est-il dans l’exposition de la Foire de Douai ? L’éducation, la santé, la culture – le plus fort taux d’alphabétisation des Amériques, loin devant les USA – de haut niveau et totalement gratuite pour tous, ne mériteraient-elles pas de questionner notre regard ?

Rien de tout cela dans l’exposition, toute d’idéologie banale, de consumérisme touristique et d’humanité desséchée. Et pourtant regarder Cuba, c’eest aussi considérer combien cette humanité-là  nous regarde, combien l’aire caraïbe, comme le soulignait récemment le poète Patrick Chamoiseau, est, « aux grands vents de la relation », ouverte aux « frères migrants », au coeur de l’invention d’une modernité qui refuse les barbares injonctions de la mondialisation capitaliste.

Oui, encore une fois, Cuba, mérite un autre regard. Cuba, SI.

8 MARS 2017 : JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES DANS UN MONDE DU TRAVAIL EN EVOLUTION

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Le monde du travail change et chacun d’entre nous doit faire face à la mondialisation comme à la révolution technologique et numérique.

Toute réforme du Code du Travail devrait se donner, pour objectif 1er, de faire, enfin, de l’égalité, une réalité et de favoriser la pleine réalisation du potentiel des Femmes.

Or, la loi El Khomri ne vise certes pas explicitement une dégradation de la situation de la Femme au travail mais aura un impact négatif sur elle, comportant un risque de discrimination indirecte.

A l’échelle mondiale, l’écart salarial entre Homme et Femme se situe à 24 %  et, en matière d’inégalité salariale,la France se positionne à la 132ème place sur 145 pays !

La loi El Khomri repose sur l’inversion des normes et fait systématiquement primer les accords d’entreprise sur les accords de branche. Ce principe est fondamentalement nuisible à la lutte pour l’égalité professionnelle.

Les Femmes sont plus nombreuses dans les T.P.E. / P.M.E. , le commerce, l’aide à domicile … soit des lieux où il existe moins d’implantations syndicales donc moins de possibilités de négocier et de se mobiliser.

Par ailleurs, le temps de travail est le 1er facteur discriminant pour les Femmes qui effectuent toujours 80 % des tâches domestiques et c’est également 80 % des Femmes qui sont des salariés à temps partiel disposant d’un salaire et d’une protection sociale partielle mais devant faire face à une flexibilité comme à des amplitudes horaires conséquentes.

La loi augmente les durées maximales de travail, notamment pour les cadres et renforce la possibilité, pour l’employeur, de modifier de façon unilatérale horaires et temps de travail. Les délais de prévenance, en cas de changement d’horaires, peuvent être réduits à 3 jours au lieu de 7  et, pour toutes celles qui ne pourront pas s’adapter, les modalités de licenciement seront simplifiées.

Pour les salariés à temps partiel, choix délibérés ou contraints de nombreuses Femmes, c’est donc la double peine : un salaire partiel, une précarité maximale.

 

UNE PRATIQUE TRÈS ORDINAIRE ?

image » Le plus beau des mensonges : faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit  » conseillait Sacha Guitry .

Ceci s’apparente aux propos, plus anciens et philosophiques, de Schopenhauer  » si vous avez des raisons de suspecter que l’on vous raconte un mensonge, faites comme si vous croyiez jusqu’au dernier mot. Cela donnera à votre interlocuteur le courage de poursuivre, il deviendra plus véhément dans ses affirmations et finira par se trahir « .

Altruistes ou égoïstes, planifiés ou spontanés, gratuits ou intéressés, les mensonges  – y compris par omission – font partie de la vie quotidienne et politique.

Pouvons- nous, toutefois, raisonnablement, cautionner ces exercices d’artifice et d’illusion, ces pratiques machiavéliques ?

UNE TROP LONGUE JOURNÉE SI FROIDE

imageLa personne Sans Domicile Fixe nous donne à voir, dans l’espace public donc social, un corps et ses atteintes physiques.

un corps meurtri par la rue, par la violence au quotidien, par l’alcool, par le manque d’hygiène

un corps souvent méprisé et désarçonné par l’extrême précarité qui caractérise la personne Sans Domicile Fixe.

L’errance semble marquer l’organisme, le déformant au point que la personne qui est sensée l’habiter, s’en désintéresse et le considère même, quelquefois, comme un étranger….

Il est même possible de se questionner afin de savoir si ce corps est habité tant il paraît n’être qu’une mécanique !

Le mode d’exposition et de « mise en scène » de ce corps le rend encore plus identifiable.

Mais, parler, interpeler, crier, c’est, pour la personne Sans Domicile Fixe, s’exposer, exister sur l’espace public, sortir quelque peu de la « figuration » ou de l’exposition du malheur.

Confrontée, antérieurement, à des épreuves, des ruptures qui ont remis en cause les relations entre vie sociale, identité et intériorité, aujourd’hui, cette personne ne doit pas simplement être assimilée à un « élément du décor » mais être considérée comme un sujet de l’espace public au même titre que tout un chacun.

Mais qu’en est-il de la prise en compte de sa parole?

A Douai, de nombreuses associations, des personnes à titre individuel ( et ce, sans recherche d’aucune publicité, sans besoin de support photographique pour témoigner de ce qu’ils font) sont présentes autour de la personne Sans Domicile Fixe au sein de ce théâtre de rôles et d’interactions multiples qu’est l’espace public.

FEMME POTICHE ?

imageEn d’autres temps, Jacques Vernier avait cautionné le fait que la photo tronquée d’une Femme (réduite à ses fesses) soit le support d’une incitation à avoir recours au PIAF.

Aujourd’hui, Frédéric Chéreau accepte que l’invitation à Douai d’Hiver soit également associée à l’image d’une Femme – travaillée, certes, façon Bande Dessinée – mais au corps objectivé (poitrine et fesses proéminentes) venant consolider l’idée de la Femme comme objet sexuel.

Elle est cantonnée au paraître, au fait de posséder un potentiel pouvoir d’attraction et de séduction mais non d’action…

Souriante mais combien empruntée dans ses gestes, les mains en l’air ( en signe d’abdication ? de réponse à l’injonction de tiers? ), elle donne, de la douaisienne, une image de Femme soumise…qui n’a aucune raison de l’être !!!