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2021 : LES 100 ANS DU P.C.F. ET DE GEORGES HAGE

C’est la première fois que l’on me demande d’évoquer en public, lors de la Fête des Libertés de ce 10 Juillet 2021 à Saint Quentin, le parcours politique de Georges Hage…

Pas facile…C’est pour moi 50 années de vie partagée dans l’engagement communiste considéré comme seul apte à défendre les intérêts de la classe ouvrière et du petit peuple auquel Geo appartenait.

J’ai accepté parce que nous avons en commun un long compagnonnage idéologique commun, et que je suis heureuse d’inaugurer votre exposition sur les 100 ans du PCF. Comme le parti, né en 1921, Geo aurait eu aussi 100 ans cette année, le 11 septembre.

Syndicaliste enseignant, conseiller général et régional, puis député communiste, réélu constamment pendant 34 ans, Geo était avant tout un homme du Nord. Je me souviens des retours de vacances et de son soulagement à retrouver, la Somme franchie, le paysage des terrils, des corons, le ciel du Nord – pour lui le plus beau- et les parcourir à vélo ! C’est dans ce terreau qu’il puisait les raisons d’essayer de changer la société avec les mineurs, les bateliers, les verriers, les métallos, enseignants et sportifs… avec lesquels il a mené d’innombrables combats.

Adhérent tardif au Parti en 1957, il s’est investi totalement dans la direction de la section de Douai, ses cellules d’entreprises : cheminots, électriciens, enseignants, métallos de chez Arbel puis plus tard de la régie Renault, parachutée là à la place des mines fermées : il disait toujours qu’il ne fallait pas remplacer une mono industrie pour une autre, au risque de se retrouver dans les mêmes difficultés face au patronat…

Les cellules de quartiers quadrillaient toute la ville ; ses faubourgs votaient à 80% pour le PCF d’alors. Et chaque jour, au tournant des années 1960, paraissait dans l’édition douaisienne du quotidien Liberté un billet d’humeur de la section rédigé par Geo et ses camarades : Il s’intitulait : A petits coups de mon piqueur

Adoubé par la Fédé, on lui a proposé des tâches électives. Pas bon signe, disait-il, « je prends la place d’un ouvrier qu’on n’a pas su trouver ». C’est ainsi qu’il a succédé au conseil général à Henri Martel, député mineur qu’on ne présente plus. Henri, galibot à 13 ans, membre du PC dès 1921, à la tête du syndicat des mineurs du Nord, fondateur de l’Internationale syndicale minière, a eu une carrière politique qui l’a conduit –entre licenciements et emprisonnements jusqu’aux mandats de député, de sénateur, et à la vice-présidence du Sénat, avant l’expulsion des communistes du gouvernement, en 1947. La succession était lourde de responsabilités…et Geo n’avait aucun moyen logistique. J’ai le souvenir de levers très matinaux pour taper des délibérations sur la vieille machine à écrire…

Ce fut ensuite le Conseil régional où il a beaucoup travaillé dans le domaine social, pour le sport et la reconnaissance du handicap et de l’autisme en particulier. Il a beaucoup consulté, dans des milieux très divers, allant au-devant des gens.

Et ceci en continuant à exercer son activité professionnelle d’enseignant d’éducation physique, à l’Ecole Normale de Douai, avant de devenir professeur honoraire : quarante ans ou presque d’activité salariée, et tout autant de mandat électif, au terme de sa vie.

Entre temps, les Municipales l’ont trouvé beaucoup moins enthousiaste. Il craignait les fonctions de gestion, source, selon lui, de compromissions… Sans rien laisser paraître, il a sans doute tremblé en son for intérieur l’année où, à 22 voix près, la liste qu’il conduisait, faillit passer à Douai….

Puis arrivèrent les Législatives. En m’annonçant la décision fédérale de le présenter, dans la foulée, il a souhaité notre mariage !!! Cette fois, il s’agissait de succéder à un camarade à la carrure physique et idéologique impressionnante : Arthur Ramette. Arthur fut élu dans la 16e circonscription en 1932, alors qu’il était incarcéré à la prison de Cuincy, suite à des affrontements entre SFIO et PCF… Secrétaire fédéral, membre du Comité central, très actif pendant le Front populaire, il fait partie des dirigeants communistes à avoir rallié l’Union soviétique avec Maurice Thorez, pendant la guerre.

C’est pourquoi Geo a toujours qualifié sa circonscription « d’historique » : une place forte peut-être, mais surtout la nécessité de se montrer digne des camarades et de porter la voix des humbles du bassin minier.

Il a beaucoup travaillé avec Arthur sur le Douaisis. Il admirait ce vieil ours, souvent mal léché, dont la prestance physique n’avait d’égale que la prestance oratoire, personnage historique hors du commun. Comme Arthur n’avait pas de voiture, il fallait le raccompagner chez lui, à Lille, à toute heure du jour et de la nuit.

La première visite à l’Assemblée Nationale en 1973, nous l’avons faite avec Gustave Ansart, secrétaire fédéral du Nord, un ouvrier responsable de la métallurgie qui revenait à l’Assemblée après un court mandat dans les années 1950, au temps des apparentements. Je les revois tous les deux, émus et résolus dans ces lieux impressionnants, faisant des projets pour mieux servir les gens du Nord – avec une conscience aigüe de leurs responsabilités et aussi une conviction : cette fois, le monde allait bien changer.

Pendant 34 ans, Geo a pris le train et le métro pour se rendre à l’Assemblée. Le travail l’a beaucoup intéressé, sur les sujets les plus divers ; il n’était pas toujours là où on l’attendait. Retenons l’éducation physique et le sport –son métier, la prise en charge des personnes handicapées, la défense des mines et de métallurgie, l’habitat minier, la lutte pour Renault et l’imprimerie nationale, la langue des signes, comme la question du harcèlement moral dans les entreprises.

Ce qu’il aimait particulièrement, c’était la préparation des textes législatifs : un travail collectif, avec toutes les structures de réflexion possibles (syndicats, associations, camarades) et des interlocuteurs variés de haut niveau qui argumentaient pour ou contre … Avec ses inséparables crayon de bois et dictionnaire, il cherchait sans fin du mot le plus juste, la citation la plus pertinente : ce fut un ardent militant de la défense de la langue française.

Et ces textes, une fois écrits, il aimait à les défendre à la tribune. Il y resta plus de deux heures en 1987, pour protester contre le projet de privatisation de la régie Renault. Seul Guy Ducoloné fit plus long… Le temps d’alors à l’Assemblée n’était pas limité lors des questions au gouvernement.

En défenseur impénitent du Parlement, il apprécia ses deux mandats de vice-président de l’Assemblée, où certaines de ses saillies oratoires sont restées célèbres.

Et puis la vie au quotidien : les permanences, les rencontres, les inaugurations, avec, toujours, la participation à la vie de la section. Geo aimait les gens, parlait patois, avec une qualité d’écoute, de gentillesse, de recherche de solutions pour répondre aux soucis de chacun… C’était une époque sans portable, sans courriels, on toquait à la porte pour discuter.

En internationaliste convaincu, après la chute du mur de Berlin qui ne l’a pas désarmé, il voyait avec espoir l’Amérique latine se lever de nouveau contre l’oppresseur yankee. Recevant avec joie la médaille de l’Amitié des peuples du gouvernement cubain, il formula que « tout révolutionnaire a 2 patries, la sienne et Cuba ». Et je me souviens aussi de ma surprise en rentrant du travail, en survêtement de prof de gym, un soir, de découvrir dans le jardin, 2 représentants de Papouasie Nouvelle Guinée invités par Geo, qui présidait alors le groupe d’amitié à l’Assemblée.

Il faut en venir à son dernier combat peut-être le plus ingrat : la rupture avec la ligne réformiste du PCF ; pour un léniniste comme lui, partisan de la discipline de parti, ce ne fut pas facile d’en arriver là – devant les errements des gauches qui à force d’être plurielles, finirent par se montrer insignifiantes face au capital.

En votant la motion de censure contre le gouvernement Rocard, il déclarait déjà que « le capitalisme modéré ne saurait être qu’inconscience ou connivence ». Il engageait à cette occasion ses confrères socialistes à « tendre la rose aux travailleurs et au capital le poing ! Et non le contraire ! ». Votant parmi les premiers contre l’élargissement de l’Union européenne aux pays de l’est, il soutint la victoire de classe du non au traité constitutionnel européen, que le bassin minier refusa en bloc avec lui, comme un seul homme.

Ce fut une intense période de lutte pour éviter la disparition totale du Parti, comme ailleurs en Europe. Et autant de nouvelles rencontres, avec vous, avec Henri Alleg avec qui Geo tissa des liens indéfectibles, avec Georges Gastaud entre autres. Beaucoup de fraternité, mais aussi beaucoup d’invectives, de séparations douloureuses…

Des points d’orgue aussi : le meeting de la Mutualité à Paris qui réunit en l’an 2000 environ 1000 camarades de toute la France, une réunion à Somain, cœur de la circonscription avec 250 camarades. L’espoir de voir renaître le Parti avec notre courant qui l’emportait dans le Nord, mais cet espoir fut vite confisqué…

C’est difficile de résumer autant d’activité, et je suis déjà bien trop longue. Jusqu’à la fin de sa vie, Geo n’a jamais quitté le monde du travail, avec toujours chevillé au cœur, un idéal de fraternité.

Un regret : ne pas avoir pu prononcer le discours du doyen de l’Assemblée, terrassé par un malaise juste avant…

Je terminerai en citant quelques mots du discours de son départ : « je voudrais dire à tous les camarades, jeunes ou moins jeunes, qui prennent ou reprennent le flambeau de la lutte des classes qu’ils n’ont aucune raison de rougir du Parti né en 1920 au Congrès de Tours, et d’abandonner l’idéal communiste en rase campagne, au moment même où le talon de fer capitaliste se fait le plus écrasant ; Il y aura, j’en suis convaincu, de beaux matins rouges d’espoir pour ceux qui n’auront pas oublié que le communisme demeure la jeunesse du monde »

C’est à vous qu’il pensait.

Odile

 

L’UN VOCIFERE, L’AUTRE FAUT S’Y FAIRE (ou pas)

Le débat entre les 2 tours pour les Départementales est venu proclamer hautement le plaisir de la tragédie comme l’entendait Racine, haïssable et non moins plaisant, ou, peut-être même, plaisant parce que haïssable.

Après une complicité quand Etéocle était « aux affaires » à côté de Polynice, ils se sont concentrés sur la haine légendaire qui constitue l’unique mobile d’action des 2 « frères ennemis » qu’ils sont devenus.

Ils trouvent, dans cette volonté commune, une entente paradoxale !

Distribuer équitablement les torts entre les 2 frères, sans donner au spectateur, la moindre raison de sympathiser avec l’un aux dépens de l’autre est un devoir tant règne la confusion au jeu des (més)alliances, des mandats…

Soyons vigilants car il arrive que ce qu’on considère subjectivement comme bon, ne l’est pas objectivement !

Polynice mène en tyran et part régulièrement en guerre, ce qui ne tarde pas de le rendre indésirable aux yeux du peuple là où Etéocle monte toujours le menton et n’accepte jamais les idées autres que les siennes mais le peuple le prend pour le « bon roi » !

Qui vit d’illusions meurt de désillusion !

Avez-vous donc, a minima, vérifié si les « beaux discours » énoncés comme étant leurs priorités au niveau du Département, en vue d’obtenir vos voix, sont déclinés à l’échelle de leur Commune respective ?

 

« POURQUOI DES MECS ELUS PAR NOUS POUR FAIRE CE QU’ON VEUT, AU LENDEMAIN DES ELECTIONS, FONT CE QU’ILS VEULENT ? » COLUCHE

Impossible de devoir accepter qu’égoïsme et narcissisme aient pris le pouvoir, que la plupart s’accordent le mérite de leurs succès et rendent responsables les autres de leurs échecs.

Quels arguments seront énoncés, dès ce soir, pour expliquer, voire justifier les scores obtenus ? 

Désormais le « Je » est toujours plus important, plus urgent que le « Tu » ou que « Lui / Elle ».

Quant à celui qui dit « Nous », combien de fois se juge-t-il prioritaire sur ceux qui constituent, avec lui, ce « Nous » ?

Pendant cette campagne, quelle place a été réellement accordée aux suppléants lors du live ? sur les affiches ? …

DU RAPPORT ENTRE LES MOTS DES CANDIDATS ET LES MAUX DE LA SOCIETE

 

BOURDIEU s’étonnait que « l’ordre établi avec ses rapports de domination, ses droits et ses passe droits, ses privilèges et ses injustices » n’incite pas à plus de transgressions mais, aujourd’hui, nombreux sont ceux qui réagissent.

Corinne BECOURT et Gautier DUCOS du P.C.F. de Saint Quentin, candidats aux Départementales, le clament haut et fort « Résister et Riposter »

Fort est de constater qu’aujourd’hui, un consentement aveugle des gouvernés apparaît de moins en moins accordé aux gouvernants.

Mon quotidien professionnel me conduit à découvrir que, ce qui est dit pendant les consultations, à l’échelle de l’intime et de l’individuel devient une réalité sociale collective.

Dès lors, comment être le porte parole de citoyens de plus en plus concernés, qui ne veulent plus faire de concession sur leur ardent besoin d’être entendus et de pouvoir participer à l’organisation de leur vie ?

Comment expliquer que la jeunesse se sent délaissée, vide de projets mais avide de rêves avec le sentiment de n’être qu’une variable d’ajustement ?

Comment accompagner le calvaire des familles dont un enfant, un membre est en souffrance ?

Comment répondre aux besoins d’une santé pour chacun ? …

Tous ces dysfonctionnements sociaux se traduisent par des blessures psychiques !

Le discours économique s’uniformise – libéralisme oblige – et nous avons soif d’entendre parler d’humain alors que nous passons tous par des remises en question identitaires et sociales bouleversantes.

Un tel changement ne pourra se faire qu’avec la participation de ceux qui souhaitent corriger les dérèglements qui bousculent leurs vies.

Les hommes et femmes qui s’en sortent sont ceux et celles qui cherchent à devenir les acteurs de leur existence

Comme a pu l’écrire SENEQUE, «  la vie n’est elle pas une pièce de théâtre. ? Ce qui compte, ce n’est pas qu’elle dure mais qu’elle soit bien jouée ».

En cette période de campagne électorale, certains s’étonnent de la richesse des échanges lors des portes à portes alors que certains d’entre eux sont élus !!!

Quel intérêt véritable portent-ils à leurs concitoyens  hors cette période ?

Il faudra être particulièrement attentif au hiatus entre les promesses de campagne (marquées par des préoccupations soudaines et susceptibles d’être éphémères) et la réalité du mandat.

Préoccupations pour les personnes porteuses de handicap physique, psychique, social mais quels jeux inclusifs prévus pour les enfants dans les espaces dédiés ?

Préoccupations pour l’Hôpital Public alors même qu’e le Président du Conseil de Surveillance du C.H. De Dechy, ne s’est pas opposé à la fermeture de lits !

Préoccupations pour des projets pharaoniques comme les 10 Millions investis pour le Temple de la Pétanque !

Préoccupations pour Amazon et ses emplois non qualifiés, dépourvus de toute dimension sociale : est-ce là la vision de l’emploi industrialisé dans notre département ?

Arrêtez de chercher à nous endormir svp ! Respectez-nous enfin !

L’électeur de ces 20 et 27 juin prochain, va-t-il exprimer sincèrement son idéal (de vie) ou choisir son bulletin en fonction de considérations stratégiques ? Va-t-il voter pour ou contre un candidat (quitte à effectuer un grand écart sur 2 cantons si proches) ? un parti politique ?

Va-t-il pratiquer une navigation à vue ou de façon partisane  ou, hélas, s’abstenir…

En cherchant à déligitimer un adversaire, le candidat construit une opposition qui prend la forme d’un duel et qui relègue les autres candidats à un rôle de figurant réel ou tapi dans l’ombre et combien dangereux !

DE LA CAPTATION DE SON IMAGE ET DE SA DIFFUSION SUR LES RESEAUX SOCIAUX

Chez certains d’entre nous, le besoin de sortir de l’anonymat semble constituer la condition ultime de leur existence.

Dès lors, avide de notoriété, ils placent tout espoir dans la lucarne  « magique » de l’écran.

Ils revendiquent le droit à leur quart d’heure warholien, cherchent à modeler la perception que les autres devraient posséder d’eux.

L’autopromotion de ce qu’ils font / sont découle d’une attitude égotiste.

Comme a pu le développer le sociologue Pierre Bourdieu dans « La dimension critique sociale du jugement », ils sont soucieux de se distinguer dans le cercle social.

Cette quête hédonique illusoire d’un statut qui se voudrait privilégié, ne fait que mêler fierté narcissique et complexe de supériorité.

Mais attention à la surexposition ou « étalage du Moi » qui nuit à l’authentique échange.

A PROPOS DE MOI OU LES PEREGRINATIONS POLITIQUES DE FRANCOIS GUIFFARD

«  Je suis jeune, mais aux âmes bien nées? la valeur n’attend pas le nombre des années…
…désobéir n’est pas un si grand crime…

mes services présents pour le faire abolir sont plus que suffisants »

 CORNEILLE (Le Cid – 1637)

Explication de texte de / pour Mr le Professeur :

Candidat France Insoumise pour se présenter aux Législatives en 2017, F.GUIFFARD permet de faire élire le candidat L.R.E.M. Dimitri HOUBRON aux dépens du candidat communiste, successeur de Marc DOLEZ


Dédaignant, cette fois, France Insoumise pour une « liste citoyenne » aux Municipales tout en se réclamant « de gauche », malheureusement arrivé  en 4ème position, soit derrière le R.N, F.GUIFFARD accède au Conseil Municipal – dans l’opposition – de gauche…


Les élections à Douaisis Agglo lui offrent l’occasion de faire le grand écart -à droite toute cette fois-.

Membre obligé du M.E.N.I.D., groupe non inscrit mais votant à droite, le voilà promu pour représenter la ville de Douai (fi donc du Maire de Douai), adoubé par le Président POIRET..


Vous avez dit démocratie?

Douaisiens, dormez tranquilles…

Un politicien est né, génération Macron (il a d’ailleurs évoqué une fiscalité « compétitive » en parlant du budget de Douai Agglo!).

Obsolètes la droite, la gauche…

Vive l’opportunisme, le pragmatisme, pourquoi pas le carriérisme !

Signé : Un (in)soumis … rouge de honte

L’ACIDITE DE L’INDEMNITE

Auprès du grand public, la rémunération des élus (et, par extension, des gouvernants) constitue un sujet d’intérêt, de curiosité mais également de spéculation, de fantasme, voire d’hostilité à l’égard du personnel politique.

Aussi, apparaîtrait-il indispensable qu’existe une communication transparente et accessible à chacun (non exclusivement en pourcentages mais à travers le montant mensuel net calculé en euros) du cumul de toutes les indemnités des maires et que ces mêmes indemnités soient rendues publiques et ce, d’autant plus que les mandataires publics sont rémunérés par des budgets publics.

La professionnalisation politique, au sens wébérien de « vivre de la politique », ne peut qu’aboutir à de tels questionnements légitimes pour chacun des citoyens que nous sommes.

Ainsi, au « jeu » des calculs, certains, via les réseaux sociaux, évoquent, pour le Maire de Douai, en 2014, des indemnités à hauteur de 2484,81 € pour, suite à la délibération votée à l’unanimité de sa majorité alors que les 3 groupes d’opposition ont voté contre, que celles-ci s’élèvent dorénavant à 4978,43 €.

Si les données sont erronées, il serait intéressant d’avoir accès à celles auxquelles il y a lieu de se fier…

Si cette augmentation est certes légalement autorisée, n’y a-t-il pas, en cette période de crise sanitaire et sociale d’une rare ampleur, face aux douaisiens qui ont perdu leur emploi et dont la situation est davantage précarisée, aux commerçants qui ont fermé définitivement leur porte … , une certaine indécence ?

Dès lors, quel est le fondement d’un tel choix ?

Etonnant que les élus P.C.F. n’aient pas réagi et que ce soit l’opposition, toute tendance confondue, qui ait dû (d)énoncer un tel positionnement  !!!

Brigitte BONNAFFE

RESULTATS EN TROMPE L’OEIL, MAIRES AU RABAIS ( titre emprunté à Sébastien GROB – Marianne du 29/6/2020)

Pour qui prête attention aux dimensions théâtrales de la REPRESENTATION POLITIQUE, un sujet extrêmement digne d’intérêt concerne les tensions ne manquant pas de surgir entre l’exigence d’afficher une relative éminence et la nécessité de ne pas se couper outre mesure de ceux que l’on est censé représenter.

D’un certain point de vue, ne serait-ce que pour apparaître « à la hauteur » face à des acteurs porte-parole d’entités, intérêts ou groupes sociaux, il est indispensable de manifester quelque prestance.

D’un autre côté, toutefois, ceci ne saurait se faire au détriment de nécessaires affirmations de proximité envers les représentés.

L’acceptation des limites personnelles permet de dégager les ressources et de mettre ensemble les diversités de chacun et ainsi d’aller vers davantage de possibilités et de richesses.

Mais, cette attitude requiert de l’HUMILITE de la part de chacun comme face au scrutin de dimanche dernier et non pas de crier Victoire… face à notre véritable échec collectif, à savoir l’ampleur de la fracture sociale, générationnelle et territoriale, le manque de crédibilité apportée à la parole politique !

Ceci implique un questionnement critique permanent de notre pratique, chacun étant rendu responsable de lui-même et de l’autre dans la cocréation et pouvant alors (re)trouver, à l’intérieur de l’espace de liberté, son potentiel créatif.

La liberté doit être, pour chacun d’entre nous, un processus : il s’agit de construire la LIBERTE et non d’avoir la liberté.

C’est donc bien d’une liberté responsable qu’il s’agit.

Ainsi que l’a écrit Victor HUGO dans Les Contemplations  « Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité ».

Le MERCI apposé sur l’une des affiches (de couleur jaune soit celle qui représente, à la fois, l’or et le soufre maléfique, la trahison et la félonie!) en vient à faire figure d’incongruité tant il risque de n’être que l’élan d’argile éphémère de la reconnaissance.

En se référant au vocabulaire prosaïque des gens de métier, le latin mercedem, sentait bon l’oignon et le lard de la rétribution pour service rendu.

Ce qui vient, immédiatement, questionner les conditions de la reconnaissance de la DETTE, une dette fantasmatique qui ne pourra jamais s’acquitter et donc s’incarner dans aucune dette réelle.

Ne soyons pas naïf, le sujet recule devant la position de débiteur parce qu’elle le rend dépendant non seulement de l’absence de pouvoir personnel mais aussi du bon vouloir de celui qui l’octroie.

La frustration ne peut dès lors s’adoucir que dans la dévalorisation de l’objet et Le Renard de Jean de La Fontaine de déclarer que « les raisins sont trop verts et bons pour les goujats ».

N’oubliez jamais que la dette repose sur la constatation psychologique que celui qui donne est celui qui a la force et le pouvoir… de destituer… ou pas !

QUEL SOCLE DE LEGITIMITE ?

Comme au niveau national, une abstention massive (68, 58 %%) a sévi à Douai !

Ainsi, il est possible de traduire les 41, 3 % obtenus par la liste menée par Fréderic CHEREAU, rapportés au taux d’absentéïsme, par le fait que moins d’ 1 citoyen électeur sur 10 a voté pour lui (soit 8, 48 %). .

Il en est d’ailleurs de même pour les listes menées par Coline CRAEYE, Thibaut FRANCOIS et François GUIFFARD.

Les élections sont susceptibles aussi d’être éclairées par les effets de l’« offre électorale », qui met l’accent sur les programmes ou sur les règles du jeu, particulièrement celles du système électoral, qui canalisent les comportements tant des politiques que de la population.

Sur le plan conceptuel, on pourrait élargir le propos et appliquer à l’électeur la célèbre typologie de Max Weber et distinguer ainsi l’électeur rationnel par rapport à des buts (le stratège), par rapport à des valeurs (le kantien), l’électeur affectif (qui se définit par ses sentiments) et l’électeur traditionnel (le conformiste).

Les votes désinvestis étaient déjà des votes sans illusion mais, aujourd’hui, des votes investis peuvent être des votes sans illusion.

En effet, un vote investi, c’est le fait d’accorder de l’importance à son vote, d’y réfléchir à l’avance, de peser le pour ou le contre.

Un vote désinvesti, c’est un vote décidé au dernier moment, surtout pour accomplir son devoir électoral mais sans réelle conviction et, surtout, sans y accorder beaucoup d’importance, sans en attendre grand chose.

Le glissement vers l’abstention peut être rapide…

Chez les abstentionnistes, au-delà de la référence trop simple à l’impact de la crise sanitaire, il y a lieu d’établir une distinction entre « abstentionnistes dans le jeu politique » et « hors jeu » tout en observant, chez certains d’entre eux, un « paradoxe démocratique » : le retrait de la scène électorale mais une relative implication et un sens de l’intérêt général. 

Ensuite, les mésalliances démobilisent comme le P.S. allié à la Droite contre le P.C. à Seclin, L.F.I. alliée à la Droite à Haumont…

Est-ce de la « cuisine opportuniste » ? sont-ce des « accords baroques » ?

Maintenant, des promesses (issues des différents groupes qui siégeront au Conseil Municipal) aux actes !

VIGILANCE DE FIN DE CAMPAGNE

Le jeu des vaines polémiques, des propositions de circonstances, des postures artificielles, des phrases grandiloquentes, quand ce n’est pas la recherche de boucs émissaires, et enfin des discours stupéfiants d’autoglorification et d’autopromotion des candidats est momentanément suspendu.

Loin d’être le moment d’un réel éclaircissement des enjeux majeurs pour la ville, cette campagne s’est plutôt apparenté à celui de leur occultation par des débats et des prises de position partiellement / totalement fabriquées pour attirer la sympathie de telle ou telle partie de l’électorat.

La ville, cet espace public est certes composé d’une entité physique, matérielle mais également d’une entité conceptuelle, sensible, « imaginaire » dans le sens où elle est liée aussi à l’image mentale que chacun s’en forge.

Mais, quel candidat a pris en compte cette dimension ?

Qui a nommé les méthodes auxquelles il aura recours pour faire émerger des projets : démocratie ou pédagogie participative ?

Soyons vigilants, la nuance est essentielle !