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ET APRES ?

Cette pandémie est-elle vraiment derrière nous ? Encore devant nous ? Voire en nous ?

Les conséquences aux niveaux économique et social prennent, aujourd’hui, le pas sur la menace sanitaire : sécurité des emplois menacée face à la baisse des activités mais aussi aggravation des vulnérabilités, des inégalités, de la précarité.

Et ce, au point que nombreux sont ceux qui occultent les gestes barrières pourtant toujours d’actualité, que certains, bien imprudents, autorisent des regroupements (fête foraine…).

La particularité d’une crise aussi singulière est qu’elle comporte au moins 2 versants : une focalisation, sorte d’effet loupe sur ce qui était déjà fragile dans nos vies actuelles mais aussi un recentrage sur ce qui nous est apparu comme essentiel et positif dans nos existences.

A distance la société dite de consommation !

L’après-crise comportera, elle aussi, 2 facettes : celle de l’espoir d’un renouveau, d’une prise de conscience de nos égarements individuels et collectifs mais aussi celle de la crainte d’une précipitation et d’une aggravation des vulnérabilités propres à nos sociétés dont l’individualisme (qui a pu être renforcé par la distanciation physique et qui aura été tout autant une menace, une source de souffrance qu’un acte d’altruisme).

Cette crise servira certainement de catalyseur pour de prochaines réflexions, certaines actions et, espérons-le, pour certaines formes de révolution dans notre manière d’appréhender le monde et le vivre ensemble.

Cette période sanitaire inédite dont chacun voudrait oublier, voire gommer l’omniprésence, nous amènera, souhaitons-le, non pas à reprendre simplement le cours antérieur des choses mais à apprendre véritablement et durablement de nos expériences.

L’État devra repenser ses équilibres et renforcer son système de santé si, comme Marcel GAUCHET, philosophe et historien français, il estime que « la qualité de la vie dépend plus des équipements collectifs que des revenus individuels » (Entretien au Figaro en date du 25 mars 2020).

Cette crise inédite et traumatique amènera-t-elle des changements profonds ou le calme après la tempête verra-t-il le principe de répétition reprendre ses droits ?

RESULTATS EN TROMPE L’OEIL, MAIRES AU RABAIS ( titre emprunté à Sébastien GROB – Marianne du 29/6/2020)

Pour qui prête attention aux dimensions théâtrales de la REPRESENTATION POLITIQUE, un sujet extrêmement digne d’intérêt concerne les tensions ne manquant pas de surgir entre l’exigence d’afficher une relative éminence et la nécessité de ne pas se couper outre mesure de ceux que l’on est censé représenter.

D’un certain point de vue, ne serait-ce que pour apparaître « à la hauteur » face à des acteurs porte-parole d’entités, intérêts ou groupes sociaux, il est indispensable de manifester quelque prestance.

D’un autre côté, toutefois, ceci ne saurait se faire au détriment de nécessaires affirmations de proximité envers les représentés.

L’acceptation des limites personnelles permet de dégager les ressources et de mettre ensemble les diversités de chacun et ainsi d’aller vers davantage de possibilités et de richesses.

Mais, cette attitude requiert de l’HUMILITE de la part de chacun comme face au scrutin de dimanche dernier et non pas de crier Victoire… face à notre véritable échec collectif, à savoir l’ampleur de la fracture sociale, générationnelle et territoriale, le manque de crédibilité apportée à la parole politique !

Ceci implique un questionnement critique permanent de notre pratique, chacun étant rendu responsable de lui-même et de l’autre dans la cocréation et pouvant alors (re)trouver, à l’intérieur de l’espace de liberté, son potentiel créatif.

La liberté doit être, pour chacun d’entre nous, un processus : il s’agit de construire la LIBERTE et non d’avoir la liberté.

C’est donc bien d’une liberté responsable qu’il s’agit.

Ainsi que l’a écrit Victor HUGO dans Les Contemplations  « Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité ».

Le MERCI apposé sur l’une des affiches (de couleur jaune soit celle qui représente, à la fois, l’or et le soufre maléfique, la trahison et la félonie!) en vient à faire figure d’incongruité tant il risque de n’être que l’élan d’argile éphémère de la reconnaissance.

En se référant au vocabulaire prosaïque des gens de métier, le latin mercedem, sentait bon l’oignon et le lard de la rétribution pour service rendu.

Ce qui vient, immédiatement, questionner les conditions de la reconnaissance de la DETTE, une dette fantasmatique qui ne pourra jamais s’acquitter et donc s’incarner dans aucune dette réelle.

Ne soyons pas naïf, le sujet recule devant la position de débiteur parce qu’elle le rend dépendant non seulement de l’absence de pouvoir personnel mais aussi du bon vouloir de celui qui l’octroie.

La frustration ne peut dès lors s’adoucir que dans la dévalorisation de l’objet et Le Renard de Jean de La Fontaine de déclarer que « les raisins sont trop verts et bons pour les goujats ».

N’oubliez jamais que la dette repose sur la constatation psychologique que celui qui donne est celui qui a la force et le pouvoir… de destituer… ou pas !

QUEL SOCLE DE LEGITIMITE ?

Comme au niveau national, une abstention massive (68, 58 %%) a sévi à Douai !

Ainsi, il est possible de traduire les 41, 3 % obtenus par la liste menée par Fréderic CHEREAU, rapportés au taux d’absentéïsme, par le fait que moins d’ 1 citoyen électeur sur 10 a voté pour lui (soit 8, 48 %). .

Il en est d’ailleurs de même pour les listes menées par Coline CRAEYE, Thibaut FRANCOIS et François GUIFFARD.

Les élections sont susceptibles aussi d’être éclairées par les effets de l’« offre électorale », qui met l’accent sur les programmes ou sur les règles du jeu, particulièrement celles du système électoral, qui canalisent les comportements tant des politiques que de la population.

Sur le plan conceptuel, on pourrait élargir le propos et appliquer à l’électeur la célèbre typologie de Max Weber et distinguer ainsi l’électeur rationnel par rapport à des buts (le stratège), par rapport à des valeurs (le kantien), l’électeur affectif (qui se définit par ses sentiments) et l’électeur traditionnel (le conformiste).

Les votes désinvestis étaient déjà des votes sans illusion mais, aujourd’hui, des votes investis peuvent être des votes sans illusion.

En effet, un vote investi, c’est le fait d’accorder de l’importance à son vote, d’y réfléchir à l’avance, de peser le pour ou le contre.

Un vote désinvesti, c’est un vote décidé au dernier moment, surtout pour accomplir son devoir électoral mais sans réelle conviction et, surtout, sans y accorder beaucoup d’importance, sans en attendre grand chose.

Le glissement vers l’abstention peut être rapide…

Chez les abstentionnistes, au-delà de la référence trop simple à l’impact de la crise sanitaire, il y a lieu d’établir une distinction entre « abstentionnistes dans le jeu politique » et « hors jeu » tout en observant, chez certains d’entre eux, un « paradoxe démocratique » : le retrait de la scène électorale mais une relative implication et un sens de l’intérêt général. 

Ensuite, les mésalliances démobilisent comme le P.S. allié à la Droite contre le P.C. à Seclin, L.F.I. alliée à la Droite à Haumont…

Est-ce de la « cuisine opportuniste » ? sont-ce des « accords baroques » ?

Maintenant, des promesses (issues des différents groupes qui siégeront au Conseil Municipal) aux actes !

VIGILANCE DE FIN DE CAMPAGNE

Le jeu des vaines polémiques, des propositions de circonstances, des postures artificielles, des phrases grandiloquentes, quand ce n’est pas la recherche de boucs émissaires, et enfin des discours stupéfiants d’autoglorification et d’autopromotion des candidats est momentanément suspendu.

Loin d’être le moment d’un réel éclaircissement des enjeux majeurs pour la ville, cette campagne s’est plutôt apparenté à celui de leur occultation par des débats et des prises de position partiellement / totalement fabriquées pour attirer la sympathie de telle ou telle partie de l’électorat.

La ville, cet espace public est certes composé d’une entité physique, matérielle mais également d’une entité conceptuelle, sensible, « imaginaire » dans le sens où elle est liée aussi à l’image mentale que chacun s’en forge.

Mais, quel candidat a pris en compte cette dimension ?

Qui a nommé les méthodes auxquelles il aura recours pour faire émerger des projets : démocratie ou pédagogie participative ?

Soyons vigilants, la nuance est essentielle !

EXISTE-T-IL, DANS LEUR PROGRAMME, DES INITIATIVES AU-DELA DU COVID ?

 

Existe-t-il, dans leur programme, des initiatives au-delà du COVID ?

Qui, selon vous, est parvenu à faire société autour de valeurs de solidarité et d’entraide, fidèles à leur engagement pour un modèle de développement donnant toute sa place et sa valeur à la vie humaine, aux territoires et à leurs populations, plutôt qu’aux flux mondialisés générés par le capitalisme dans sa fuite en avant ?

Qui propose, authentiquement, un nouveau modèle de développement axé sur la proximité et la gouvernance démocratique, des services publics outillés et dotés de moyens pour servir l’intérêt général, d’un maillage vigoureux du tissu associatif, mutualiste, coopératif ?

Qui suggère de créer une « mutuelle communale de santé », dispositif permettant à la commune de négocier, auprès d’un assureur, des conditions tarifaires nettement plus compétitives que celles généralement proposées, l’idée étant d’améliorer l’accès aux soins et de renforcer la solidarité des habitants de la commune ?

Qui fait référence à la notion de « bien commun », c’est-à-dire une ressource matérielle ou immatérielle (une forêt, une rivière, un logiciel, l’accès aux soins, etc.), ressource qui est partagée et gérée par une communauté, selon des règles qui pérennisent la ressource et en assurent l’usage et l’accès tant aux membres de la communauté qu’à ceux qui ne le sont pas ?

Qui a pensé un dispositif, une structure attractive pour des médecins que la population douaisienne réclame sans succès jusqu’alors ?

Qui, depuis déjà de très nombreux mois, est conscient de cet enjeu et en fait un combat «Alors que la montée de la précarité et des souffrances sociales née de décennies de politiques néolibérales conduit une part croissante de la population à trouver refuge dans des services hospitaliers sous tension, l’hôpital se trouve devoir résister aussi bien aux manquements de la médecine de ville qu’à la concurrence de cliniques privées largement dispensées des obligations de service public. À l’heure où les mobilisations pour le défendre s’intensifient, un débat s’impose sur les missions de l’hôpital et les moyens qui lui sont accordés » ? (cf. La Casse du Siècle par P.A.JUVEN, F.PIERRU et F.VINCENT).

En cherchant le programme apportant des réponses fiables à ces quelques questions, votre choix sera plus aisé…

« SUR LE PLUS HAUT TRONE DU MONDE, ON N’EST JAMAIS ASSIS QUE SUR SON CUL » Michel de MONTAIGNE

 

Alors que des personnes engagées, pour la plupart, dans de nombreux combats, revendiquent, à juste titre, que l’héroïsme proclamé des soignants devienne une reconnaissance pérenne à travers des décisions concrètes, IL n’a aucun scrupule à se joindre à eux, à feindre de défendre une cause jusqu’alors jamais reconnue comme recevable.

Mais pourquoi être surpris ?

Comme l’a écrit KIERKEGAARD, « L’Homme est tout artifice ».

Une militante s’affaisse à proximité de IL mais IL en fait totalement abstraction… eh oui, les journalistes arrivent… il faut aller à leur devant, il faut les solliciter, se montrer et parader.

Cette militante, pourtant, IL la connait … mais, depuis, à aucun moment, IL ne s’est soucié d’elle !

Tout cela traduit bien le pathétique, chez IL, c’est-à-dire la nécessaire distance avec « l’Humain, trop Humain », son antihumanité.

IL veut se différencier alors IL n’hésite pas à avoir recours à des néologismes.

Appartiennent-ils au pathos ou sont-ce une nouvelle référence à RIMBAUD dont « l’abracadabrantesque » a été repris par CHIRAC ?

IL dispose de son fan club, figure contemporaine de l’aliénation procurant l’illusion d’une susbstantialité identitaire.

IL bénéficie ainsi d’un culte s’apparentant à une hagiographie chrétienne et IL ne peut que s’en réjouir.

IL fait fi de la tragédie, non celle jouée sur scène mais celle vécue, au quotidien, par certains d’entre nous (le taux de chômage à Douai est de 24 %… 1 personne sur 4)..

Alors, face à IL, aucune extase suprême… bien au contraire.

Quand nous écoutons IL, IL veut ouvrir des perspectives mais, à mesure que nous avançons dans le dédale de ses propos, nous pénétrons, de plus en plus profondément, dans les ténèbres d’une connaissance qui n’est que spéculative.

IL parle de Culture mais, au-delà des simples consommateurs et gardiens de la Culture, quand s’intéressera-t-il aux créateurs , à ceux qui ont des choses à exprimer ?

Allez qu’IL ne soit pas chagrin.

Comme l’a affirmé DE GAULLE face à une assemblée de journalistes « rassurez-vous, un jour, je n’oublierai pas de mourir! ».

MOBILISATION DU 16 JUIN 2020

L’issue du « Ségur de l’Hôpital » est prévisible,

Confier cette mission à Nicole NOTAT est, en elle-même, parlante.

En effet, que pouvons-nous, soignants comme usagers, attendre de l’ex secrétaire de la C.F.D.T., s’étant positionnée en annexe « sociale » du M.E.D.E.F., qui a soutenu la Réforme des Retraites présentée par Alain JUPPE ?

Nul besoin de consulter une boule de cristal pour comprendre que les ministres aux commandes risquent de souffrir d’un trouble mnésique quant aux éphémères propos relatifs à « l’héroïsation des soignants ».

La priorité actuelle n’est-elle pas de reprendre le cours de la mise en œuvre du plan « Santé 2022 », partiellement et temporairement suspendue par le COVID ?… la fermeture programmée de lits se poursuit actuellement dans plusieurs hôpitaux…

Le système hospitalier public est victime des pratiques néolibérales dont le facteur constant est la recherche de baisse des dépenses publiques et l’ouverture à la concurrence.

Lors du 70 ème anniversaire de la Journée Mondiale de la Santé, le député communiste Alain BRUNEEL avait mobilisé plus de 600 personnes sur cette thématique.

Qu’en sera-t-il ce 16 juin 2020 (rassemblement prévu dès 12h30 au Centre Hospitalier de Dechy )?

Que feront Mme CRAEYE, Mr CHEREAU, Mr FRANCOIS, absents jusqu’alors ?

Les paris sont ouverts…Campagne électorale oblige…

QU’EST-CE QUI « PREVOST » POUR FREDERIC CHEREAU ?

Personnellement alertée par différents commerçants et renseignements pris auprès de différentes sources, il apparaît que La Maison PREVOST bénéficie d’un avantage certain sur les autres commerçants mais également sur la majeure partie des concitoyens douaisiens.

En cette période marquée par le Covid, les difficultés socioprofessionnelles et économiques se sont considérablement accrues pour de trop nombreuses personnes.

Mais, s’il a été décidé, en date du 11 mai 2020 (1er jour du déconfinement), une exonération des loyers des commerces locataires de la ville et ce, jusqu’à leur reprise effective d’activité, il n’a jamais été question que soit exonéré le loyer d’habitation de ces mêmes locataires.

Là où les sociétés d’H.L.M., interpelées, n’ont rien voulu entendre, Frédéric CHEREAU se veut social … pour une seule personne ? !

15EME ANNIVERSAIRE DU JOUR OU LA FRANCE A DIT NON

Le 29 mai 2005, à la grande stupeur des lobbys financiers et des éditorialistes chavirés, la démocratie parla : 55% des Français – dont 80% d’ouvriers, et la majorité du bassin minier – votèrent NON au projet d’une constitution européenne ultralibérale soumise à referendum. Première victoire populaire après vingt ans d’austérité, elle enraya la politique antisociale de l’Union Européenne, celle du dumping social, de la concurrence généralisée et du néo-libéralisme.

Tout fut bon pour conjurer l’alternative politique qu’elle ouvrait. Les partisans du « non » furent caricaturés à loisir : « beaufs », « souverainistes », « xénophobes » ; il fallut à grand prix concilier les « non » et les « oui » de gauche. Trois ans plus tard, le Congrès des députés et des sénateurs ne trouvera pourtant à ratifier le Traité de Lisbonne que par la petite porte. Un coup d’Etat démocratique qui a encore creusé la défiance profonde du peuple à l’encontre des élus, et a fait le lit du populisme.

À l’heure où l’Union européenne a montré sa faillite totale dans la crise épidémique, reposons publiquement la question européenne et la question « sociale » dans notre pays et dans le concert européen et mondial.

Promue par le traité et les directives européennes, la « concurrence libre et non faussée » légitima la mise à mort programmée des services publics, et la succession des privatisations, dont la crise du COVID-19 montre aujourd’hui tous les terribles effets.

Pour reprendre l’exemple bien actuel de l’Hôpital, rappelons la réduction des moyens et des effectifs, la réforme austéritaire de l’hôpital public… et le subventionnement du secteur hospitalier privé ( cliniques, EHPAD..) par le financement public. Si la Commission européenne a demandé plus de vingt fois aux États européens de baisser leurs dépenses en matière de santé ces dernières années, elle n’a témoigné d’aucune solidarité pour le Covid-19 : merci à Cuba, la Chine, la Russie et le Venezuela !

La désindustrialisation (23% du PIB avant l’euro et 12% aujourd’hui) les délocalisations, le chômage ( plus de 6 millions privés d’emploi )… pour mettre en œuvre la construction d’un grand marché libre sans frontières pour le capital et les marchandises. À la destruction des conquêtes sociales et démocratiques du Conseil National de la Résistance s’ajoutent les atteintes aux libertés publiques (dont ont eu à souffrir migrants, manifestants et gilets jaunes… ) et le détricotage du droit du travail.

Mais le NON du 29 mai n’est pas mort.

Seul l’engagement aujourd’hui du plus grand nombre, sur tous les fronts : résistants de tous horizons, syndicalistes, militants politiques et associatifs, citoyens, gilets jaunes, … pourra remettre en cause l’euro-mondialisation et ses méfaits, construire des coopérations fraternelles et avantageuses entre peuples souverains.

C’est une exigence indispensable pour conduire la France vers de nouveaux « jours heureux » et non vers les ombres du repli xénophobe et de la misère sociale. Il faut plus qu’un énième « plan B », « tournant social » de l’Europe dont la crise grecque a montré l’inanité. Oui à un FREXIT de gauche : sortie de l’Union Européenne, de l’Euro, du pacte de stabilité et de l’OTAN.

Odile HAGE