A LA FOIRE DE DOUAI, CUBA NO !

 

image

A la Foire de Douai : Cuba NO ?

Curieux de l’exposition sur Cuba proposée par les organisateurs de la Foire commerciale de Douai cette année, la visite nous a laissé un amer sentiment d’insatisfaction et même, pour certains, d’écoeurement.

Cuba réduite à une poignée d’images d’Epinal : une verroterie de pacotille, la poussière d’un intérieur miséreux, la fabrication – clandestine ? – de cigares¦

Cuba ringardisée à  souhait, fossilisée dans un décor de théâtre suranné pour touristes. Restent, ça et là , de belles photos qui permettent de retrouver les couleurs de La Havane, le sourire des Cubains, le Malecon et sa promenade, prodigieuse interface des mondes atlantique et caraïbe.

Cuba mérite mieux sans doute. Nul ne prétendra que la situation n’y est pas difficile : une économie frappée par la chute de l’URSS, le féroce blocus américain toujours actuel, les tortionnaires yankee qui occupent toujours la base de Guantanamo, à l’extrémité de l’île, malgré les timides efforts d’Obama, et toujours, les tentatives de coup d’Etat des anticastristes financés par la CIA, qui rêvent de voir l’le réintégrer leur chasse gardée.

Cuba pourtant est toujours debout. Les récentes tornades, qui ne l’ont pas épargnée, ont encore montré au monde combien la mobilisation et la solidarité des Cubains permettaient au pays de faire face mieux qu’ailleurs aux destructions et au chaos qu’ont connu les îles avoisinantes, de la pauvre Haïti aux îles françaises de Saint Martin et de Saint Barthélémy, dont le développement n’est qu’un mot : « paradis fiscal ».

Cet autre visage de Cuba, son programme social, que l’île n’a sacrifié ni à  la crise ni aux sirènes du néolibéralisme armé qui ravage la zone caraïbe, où est-il dans l’exposition de la Foire de Douai ? L’éducation, la santé, la culture – le plus fort taux d’alphabétisation des Amériques, loin devant les USA – de haut niveau et totalement gratuite pour tous, ne mériteraient-elles pas de questionner notre regard ?

Rien de tout cela dans l’exposition, toute d’idéologie banale, de consumérisme touristique et d’humanité desséchée. Et pourtant regarder Cuba, c’eest aussi considérer combien cette humanité-là  nous regarde, combien l’aire caraïbe, comme le soulignait récemment le poète Patrick Chamoiseau, est, « aux grands vents de la relation », ouverte aux « frères migrants », au coeur de l’invention d’une modernité qui refuse les barbares injonctions de la mondialisation capitaliste.

Oui, encore une fois, Cuba, mérite un autre regard. Cuba, SI.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *