Archives mensuelles : mai 2020

15EME ANNIVERSAIRE DU JOUR OU LA FRANCE A DIT NON

Le 29 mai 2005, à la grande stupeur des lobbys financiers et des éditorialistes chavirés, la démocratie parla : 55% des Français – dont 80% d’ouvriers, et la majorité du bassin minier – votèrent NON au projet d’une constitution européenne ultralibérale soumise à referendum. Première victoire populaire après vingt ans d’austérité, elle enraya la politique antisociale de l’Union Européenne, celle du dumping social, de la concurrence généralisée et du néo-libéralisme.

Tout fut bon pour conjurer l’alternative politique qu’elle ouvrait. Les partisans du « non » furent caricaturés à loisir : « beaufs », « souverainistes », « xénophobes » ; il fallut à grand prix concilier les « non » et les « oui » de gauche. Trois ans plus tard, le Congrès des députés et des sénateurs ne trouvera pourtant à ratifier le Traité de Lisbonne que par la petite porte. Un coup d’Etat démocratique qui a encore creusé la défiance profonde du peuple à l’encontre des élus, et a fait le lit du populisme.

À l’heure où l’Union européenne a montré sa faillite totale dans la crise épidémique, reposons publiquement la question européenne et la question « sociale » dans notre pays et dans le concert européen et mondial.

Promue par le traité et les directives européennes, la « concurrence libre et non faussée » légitima la mise à mort programmée des services publics, et la succession des privatisations, dont la crise du COVID-19 montre aujourd’hui tous les terribles effets.

Pour reprendre l’exemple bien actuel de l’Hôpital, rappelons la réduction des moyens et des effectifs, la réforme austéritaire de l’hôpital public… et le subventionnement du secteur hospitalier privé ( cliniques, EHPAD..) par le financement public. Si la Commission européenne a demandé plus de vingt fois aux États européens de baisser leurs dépenses en matière de santé ces dernières années, elle n’a témoigné d’aucune solidarité pour le Covid-19 : merci à Cuba, la Chine, la Russie et le Venezuela !

La désindustrialisation (23% du PIB avant l’euro et 12% aujourd’hui) les délocalisations, le chômage ( plus de 6 millions privés d’emploi )… pour mettre en œuvre la construction d’un grand marché libre sans frontières pour le capital et les marchandises. À la destruction des conquêtes sociales et démocratiques du Conseil National de la Résistance s’ajoutent les atteintes aux libertés publiques (dont ont eu à souffrir migrants, manifestants et gilets jaunes… ) et le détricotage du droit du travail.

Mais le NON du 29 mai n’est pas mort.

Seul l’engagement aujourd’hui du plus grand nombre, sur tous les fronts : résistants de tous horizons, syndicalistes, militants politiques et associatifs, citoyens, gilets jaunes, … pourra remettre en cause l’euro-mondialisation et ses méfaits, construire des coopérations fraternelles et avantageuses entre peuples souverains.

C’est une exigence indispensable pour conduire la France vers de nouveaux « jours heureux » et non vers les ombres du repli xénophobe et de la misère sociale. Il faut plus qu’un énième « plan B », « tournant social » de l’Europe dont la crise grecque a montré l’inanité. Oui à un FREXIT de gauche : sortie de l’Union Européenne, de l’Euro, du pacte de stabilité et de l’OTAN.

Odile HAGE

GERER L’INCERTITUDE DANS LA DUREE

 

Une lecture de la crise en 3 phases est possible pour mieux comprendre les enjeux et la temporalité en présence de ce contexte d’un danger réel, d’un danger potentiellement plus imaginaire en lien avec le Covid-19.  

La temporalité inédite de la phase aïguë ou d’impact (phase 1), à l’exception de celle liée aux violences chroniques, dans ce temps de confinement, crée un effet de choc se prolongeant dans le temps, un  impact majeur qui pousse particulièrement à se centrer sur les besoins primaires et le sentiment de sécurité (différent de la situation factuelle de sécurité).

En effet, le besoin d’être en sécurité et de se sentir protégé ne vont pas actuellement de pair.

Rester en lien au-delà de la distance physique offre un appui précieux sur ce plan, une réponse à des besoins psychosociaux dans le sens où l’être humain existe au sein d’une communauté.

Il est nécessaire de penser davantage à une approche sociale qui a un effet psychologique qu’à des entretiens psychologiques classiques.


Le déconfinement ouvrira sur la
phase 2, soit la sortie de crise.

Chacun entrera dans une phase de réaction face à un déconfinement par étapes.

Il faudra alors observer les changements occasionnés, commencer une phase d deuil par rapport aux changements opérés mais également prendre en compte les bénéfices et avantages liés aux changements dits utiles.


La
phase 3, au-delà du post immédiat, constitue le temps pour intégrer ce qui se sera passé afin de construire une nouvelle « normalité », toute crise laissant nécessairement des traces.

Il sera indispensable de suivre les besoins ayant préalablement émergé et d’inscrire leur résolution dans la continuité


Le rythme de cette traversée est différent pour chacun au sein d’une famille, d’une institution, d’une entreprise…

Les éléments subjectifs restent essentiels pour en comprendre l’impact individuel et ajuster l’accompagnement psychosocial.