Archives mensuelles : décembre 2019

LA PAROLE EST DONNEE AUX QUARTIERS : DEMOCRATIE OU PARODIE / PERVERSION ?

 

Josué avait, en un temps ancien, donné cet ordre au Peuple :

« vous ne jetterez aucun cri, on n’entendra aucune voix jusqu’à ce que le jour soit venu où je vous dirai : criez et faites grand bruit ! »

Dans son ouvrage « Français, si vous saviez… », Bernanos fait référence à des techniciens tout puissants.

Et à Douai qu’en est-il ?

Dans les arènes de la concertation (dont on se souviendra qu’étymologiquement, il est apparenté à la notion de lutte), le registre est plutôt informatif et visant à rendre l’habitant caution d’une démocratisation qui se résume, en fait, à une recherche de caution d’une procédure et légitimation de l’action pensée en amont et déjà initiée.

Comment, dès lors, articuler la professionnalité et la technicité avec le savoir profane ? Entre l’édile et ses administrés ? Le Maire et ses adjoints (qui, fréquemment, vont apprendre, par la presse, les décisions) ?

Il s’agit davantage d’une mise en acceptation (d’un projet déjà élaboré) que d’une mise en débat, tout en prétendant répondre aux aspirations des habitants.

Par ailleurs, existe un décalage de temporalité : là où les élus et les techniciens sont orientés vers un futur et vers des dimensions prospectives et projectives, les habitants sont centrés sur leur vécu quotidien en tant qu’usagers et experts des lieux, détecteurs des difficultés, utilisateurs…

L’habitant n’est pas oppositionnel (comme la concertation pourrait le laisser supposer) mais est positionné comme devant être en convergence avec le projet.

L’habitant n’est qu’argument, celui au nom duquel et au bénéfice duquel serait pensé le projet !

De plus, l’idée de la démocratie suppose l’accord du plus grand nombre mais, pour ne reprendre que l’exemple de Frais Marais, sur 3000 habitants, seule une dizaine d’entre eux était présent et « prend le pouvoir »…