Archives mensuelles : décembre 2016

UNE TROP LONGUE JOURNÉE SI FROIDE

imageLa personne Sans Domicile Fixe nous donne à voir, dans l’espace public donc social, un corps et ses atteintes physiques.

un corps meurtri par la rue, par la violence au quotidien, par l’alcool, par le manque d’hygiène

un corps souvent méprisé et désarçonné par l’extrême précarité qui caractérise la personne Sans Domicile Fixe.

L’errance semble marquer l’organisme, le déformant au point que la personne qui est sensée l’habiter, s’en désintéresse et le considère même, quelquefois, comme un étranger….

Il est même possible de se questionner afin de savoir si ce corps est habité tant il paraît n’être qu’une mécanique !

Le mode d’exposition et de « mise en scène » de ce corps le rend encore plus identifiable.

Mais, parler, interpeler, crier, c’est, pour la personne Sans Domicile Fixe, s’exposer, exister sur l’espace public, sortir quelque peu de la « figuration » ou de l’exposition du malheur.

Confrontée, antérieurement, à des épreuves, des ruptures qui ont remis en cause les relations entre vie sociale, identité et intériorité, aujourd’hui, cette personne ne doit pas simplement être assimilée à un « élément du décor » mais être considérée comme un sujet de l’espace public au même titre que tout un chacun.

Mais qu’en est-il de la prise en compte de sa parole?

A Douai, de nombreuses associations, des personnes à titre individuel ( et ce, sans recherche d’aucune publicité, sans besoin de support photographique pour témoigner de ce qu’ils font) sont présentes autour de la personne Sans Domicile Fixe au sein de ce théâtre de rôles et d’interactions multiples qu’est l’espace public.

FEMME POTICHE ?

imageEn d’autres temps, Jacques Vernier avait cautionné le fait que la photo tronquée d’une Femme (réduite à ses fesses) soit le support d’une incitation à avoir recours au PIAF.

Aujourd’hui, Frédéric Chéreau accepte que l’invitation à Douai d’Hiver soit également associée à l’image d’une Femme – travaillée, certes, façon Bande Dessinée – mais au corps objectivé (poitrine et fesses proéminentes) venant consolider l’idée de la Femme comme objet sexuel.

Elle est cantonnée au paraître, au fait de posséder un potentiel pouvoir d’attraction et de séduction mais non d’action…

Souriante mais combien empruntée dans ses gestes, les mains en l’air ( en signe d’abdication ? de réponse à l’injonction de tiers? ), elle donne, de la douaisienne, une image de Femme soumise…qui n’a aucune raison de l’être !!!