Archives mensuelles : août 2016

L’EMPRESSEMENT A (AP)PARAÎTRE POUR ÊTRE !

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Si pour certains, les réseaux sociaux numériques (qui ont bouleversé la vie publique, les habitudes familiales, voire même l’intimité) possèdent une visée utilitaire, pour d’autres, ils représentent un intérêt hédonique, celle liée à la visibilité du quotidien : être vu !
Pour certains d’entre nous, leur valeur se juge, dorénavant, au nombre de « followers » sur les réseaux sociaux !

Jusqu’alors, la valeur de toute chose était déterminée par divers modes de classement et de cotation (bourses, agences de notation, listes de best seller…).
Aujourd’hui, les nouveaux mécanismes de classement déterminant la valeur de l’individu semblent se réduire au nombre de visiteurs sur Facebook, au nombre de résultats sur Google…

Les critères de réussite ont disparu hormis l’exposition permanente dans les medias, ce qui ne prouve rien !

L’Identité de certains d’entre nous se définit fortement par le fait qu’ils sont en prise directe sur l’info-divertissement global et, dès lors, la « marchandisation » de l’individu entraine une instabilité permanente de l’estime de soi et du sentiment de mener une vie possédant un sens.
La transmutation instantanée repose sur l’illusion d’un moi sans limite…

A travers ces réseaux sociaux, émerge une sorte de fuite en avant de la construction identitaire.
Les activités narcissiques qui y sont poursuivies, ne cessent de disparaître dans le flux de messages là où elles devraient fournir des îlots, même temporaires, de stabilité.

L’Existentialisme a montré que nous vivons dans la tension entre notre héritage culturel et la capacité de le critiquer, entre nos désirs et nos possibilités, que nous devons transformer les données de base de notre vie (que nous n’avons pas choisies) en une existence qui soit véritablement la nôtre.

Dorénavant, l’invitation au dépassement de soi caricature les exhortations des grands penseurs, précipite l’individu dans le doute et l’insatisfaction permanente.
Chacun évalue, avec anxiété et en quasi permanence, sa place dans ce vaste terrain de jeu mondial que sont les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux nous proposent / imposent une « utopie sociale », refoulant toute conflictualité apparente, seulement exprimée de façon fugace et réactive, trace d’une interaction immédiate qui laisse vite place à l’annulation de l’Autre et à sa potentielle suppression dans l’espace visible des échanges.

La dimension conflictuelle et contradictoire est refoulée, évitée, voire déniée !

L’omnipotence du narcissisme de certains se trouve confrontée aux limitations de la réalité et à la résistance des autres à s’ajuster à ses besoins et désirs.
Cette résistance est, là aussi, édulcorée, l’altérité ne devant se construire qu’au profit d’une expérimentation la plus flatteuse qu’il soit « please like my page ! ».