Article mis en avant

L’Humain d’Abord et Mohamed Kheraki

image

Mr Mohamed Kheraki ne répondant plus à aucune sollicitation ou invitation, que ce soit de ses camarades élus de la liste  » L’Humain d’Abord  » ou de la section du Parti Communiste Français de Douai et ce, depuis son élection, nous considėrons qu’il a fait le choix de ne plus être représentatif des valeurs portées, défendues par ceux-ci et validées par le suffrage des électeurs.

Mr Kheraki n’est donc plus, dès lors, habilité à s’exprimer au nom de la liste L’Humain d’Abord et du Parti Communiste Français.

 

MARCHANDISER LES SOINS NUIT GRAVEMENT A LA SANTE !

 

imageEn ce 7 avril 2018, jour du 70ème anniversaire de la Journée Mondiale de la Santé, nous étions près de 600 concitoyens, personnels soignants, syndicalistes, élus à former une chaîne humaine autour du Centre Hospitalier de Douai

La Santé n’a pas de prix mais un coût !

Donner ses soins, c’est aussi prendre soin !

Se soigner ne doit pas être un luxe !

Hôpitaux, E.H.P.A.D., Maisons de Retraite, même combat !

Aujourd’hui, dans l’idéologie néolibérale, dans la logique de servitude volontaire, la culture de l’évaluation quantitative se positionne en lieu et place de l’évaluation qualitative, témoignant combien il est nécessaire de clairement réaffirmer la primauté du soin sur l’économique.

C’est ainsi que nous assistons à une diminution drastique des effectifs, du nombre de lits, des journées malade…

La souffrance du personnel souligne combien l’austérité les impacte également et combien se creuse l’écart entre les valeurs pour lesquelles ils se sont engagés dans cette profession et les contraintes qui leur sont imposées !

Les valeurs qui sous-tendent l’Hôpital public sont le reflet des valeurs qui fondent notre société : des valeurs humaines traduisant, en terme de santé physique et morale, le respect de la dignité de chacun, la non discrimination et l’égalité de traitement de chacun, patients comme soignants.

L’Hôpital, lieu de soins, possède donc aussi un rôle de lien social fondé sur la solidarité.

L’Hôpital n’est jamais qu’une illustration parmi d’autres des transformations libérales actuelles.

Les politiques (et petits soldats au service de ce pouvoir autocratique), délaissent de plus en plus les valeurs du public au profit (dans tous les sens du terme) du privé. Assoiffés d’indicateurs de gestion prétendument objectifs, surs de la suprématie comme de l’infaillibilité de leurs recettes et jargons passe partout, ils paraissant coupés de la réalité de l’expérience vécue des citoyens ordinaires que nous sommes. Profondément méfiants à l’égard de tous groupes appréhendés comme autant de contre-pouvoirs (professionnels, syndicalistes), ils sont aujourd’hui confrontés à la défiance comme à une incompréhension de plus en plus massive de ceux qui, dans leur activité quotidienne, doivent mettre en œuvre des injonctions de plus nombreuses, injustes et paradoxales.

Que peuvent en dire les membres du Comité de Surveillance du Centre Hospitalier de Douai ?

Le débat est ouvert…

LA PARITÉ AU 8 MARS 2018…

 

image

Depuis l’ordonnance du 21 avril 1944, le droit de Vote et d’Eligibilité a été accordé aux Femmes.

Puis, la parité  » quantitative » est certes devenue obligatoire mais la parité « qualitative » fait encore trop souvent défaut! Au-delà du partage des siëges, qu’en est-il du partage effectif du pouvoir entre Femmes et Hommes ?

70 ans plus tard, en 2014, la C.A.D. a désigné ses très ( trop) nombreux Vice Présidents et aucun des Présidents de groupe n’a proposé une Femme !!!

Devons – nous donc retenir que seul un article de loi aurait pu les contraindre à penser et à admettre qu’une Femme possède des compétences analogues à celles d’un Homme ?

VISITE MINISTÉRIELLE

 

image

Dans la ville de Pecquencourt où ni duc, ni roi, ni empereur ne vinrent jamais, il a été permis, à la population, de s’ approprier cette idée abstraite et lointaine qu’est la République lors de la visite du 1er Ministre.

Ca doit marquer la mémoire collective et les journalistes ne s’y trompent pas, imaginant que cet épisode viendra nourrir l’histoire locale.

A Douai,appliquant le protocole valorisant le pouvoir, le 1er Ministre et son aéropage macronien se donnèrent à voir non pas au Peuple mais aux notables – ou ceux qui se vivent comme tels – pour légitimer ce même pouvoir ( que seuls 18% des Français ont plébiscité).

Certains ont expliqué leurs doléances, remis des cadeaux à l’occasion de discours formulés dans un espace fermé au sein duquel rien est spontané. C’est une parole sous contrôle qui s’exprime et qui ne s’adresse pas directement au Peuple. C’est, pour certains d’entre eux, une immense foire aux vanités ultérieurement énoncées, venant confirmer que le pouvoir politique obtient, finalement, la subordination par le moyen de la théâtralité.

Quand une  » présence impérative » est sollicitée, voire exigée, nous avons non seulement le droit mais le devoir de résister et donc de désobéir lorsque le gouvernement agit contre nos propres principes.

Cette résistance au pouvoir n’est pas une simple mise en cause du consentement, elle définit la condition de la morale démocratique ordinaire !

Des promesses aux actes politiques ? Nous demandons à voir…

Demeurons, avant tout, disponibles à ceux d’entre nous qui, comme l’a écrit Karl Marx, constituent  » un groupe social qui ne prétend à aucun droit particulier parce qu’il n’est l’objet d’aucune injustice particulière mais de l’injustice en général « .

L’AN (2017) PLOYE SOUS LA HAUSSE DU CHOMAGE A DOUAI

image

Au 30 novembre 2017, la hausse du chômage est de + 8 % à Douai, de + 6 % dans le Bassin d’Emploi et de – 2 % pour la Région.

Les Jeunes (soit nos concitoyens âgés de moins de 25 ans) demandeurs d’emploi à Douai représentent 22 % des jeunes, dans la même situation, dans le Bassin d’Emploi (soit + 2% par rapport à novembre 2016).

Lors de la Cérémonie des vœux, Réduire l’engagement des membres de La Jeunesse est Douai à 2 évènements festifs (le 2nd Festival de La Rue est dans l’Art du samedi 26 mai 2018 après-midi et le Concert du 24 septembre 2018) conduit à faire abstraction des préoccupations autres de ses membres dont l’Emploi.

Ils sont, par ailleurs, désireux de combattre les représentations visant à assimiler, parfois trop facilement et de manière négative, Jeunesse et Fête.

La Solidarité et l’Attractivité – maîtres mots du discours – sans même évoquer l’Emploi ?

Pourtant, l’équation est simple, voire même élémentaire : qui dit Emploi dit Pouvoir d’Achat et donc possibilité de Consommation.

Quid de la situation des entreprises industrielles clés de la ville et du Douaisis comme S.N.W.M., Renault ?

Quid de la solidarité avec les syndicats – jamais évoqués – ui se battent aujourd’hui pour le maintien et le développement de l’emploi… à l’Hôpital… dans les E.H.P.A.D…. à la prison … pour, au final, l’amélioration des conditions de vie de tous les douaisiens aussi… ?

Notez donc, dès à présent, que le Mercredi 16 Juin 2018 après-midi, aura lieu, après l’Industrie (Résidence Gayant) et la Logistique (Salle de La Solitude à Frais Marais), le Tremplin vers le B.T.P. Salle Gothique de la Mairie de Douai en partenariat avec les acteurs locaux (dont Pôle Emploi, la Mission Locale, le PLIE…), les artisans, les P.M.E. de Douai et du Douaisis et le soutien du C.R.E.P.I.

  

EN 2018, HOMMES, VEILLEZ !

image

 

Il n’est pas encore fini le temps des vœux mais il faudra encore attendre un an pour faire le point sur leur réalisation ou sur la vanité des promesses et relancer la machine à les produire.

Faut-il s’inscrire dans le temps de l’attente ou dans celui de l’action sans tarder pour mettre en place les conditions de leur réalisation ?

Redonner sa place au verbe ÊTRE détrôné au profit du verbe AVOIR

Réinscrire l’actualité dans l’Histoire et remédier au culte de l’urgence

Remettre les enjeux comptables au service de l’Humain

Combattre pour la paix, l’égalité Femme – Homme, contre les inégalités et la perte des acquis sociaux de ceux qui nous ont précédés et ont lutté

Comprendre la nécessité de rassemblement, de résistance et de riposte pour la justice sociale

Vaincre la culture de l’apparence au profit des débats de fond

Illusion infantile que tout cela ?  Négligence du principe de réalité ? NON

Hommes, Veillez ( J.FUCIK)

CONSEIL MUNICIPAL DE DECEMBRE 2017

image

En présence d’une assemblée exceptionnellement nombreuse, constituée quasi exclusivement des Chefs de Service de la Mairie de Douai – n’ayant pas, selon F.CHEREAU, répondu à une quelconque injonction ! – a été abordée la question du R.i.F.S.E.E.P.

Soit un sigle qui recouvre le Régime indemnitaire prenant en compte Fonction, Sujétion, Expertise et Engagement Professionnel et repose sur de trop nombreuses données subjectives pour établir le montant de la rémunération.

L’influence de l’idéologie néolibérale ( qui associe une théorie économique, une idéologie politique, une philosophie des politiques publiques et un imaginaire social)  sur cette  » méritocratie  » est évidente.

Le danger – bien réel – émane du fait que le mérite est un entremêlement de composantes innées et acquises, pas toujours défini par l’effort ou le labeur, parfois pensé à partir de l’idée du talent, peu soucieux de connaître les origines des qualités qu’elles valorisent.

Dès lors, les statuts professionnels comme sociaux seront fonction du mérite des uns et des autres, ce qui est massivement modélisé par les élites pour justifier l’ordre social établi.

Comme dans la société actuelle, va-t-on culpabiliser les plus fragiles, les salaires les plus bas ( notamment les catégories C ) puis justifier cet état de fait en s’appuyant sur la notion de mérite des salaires déjà les plus élevés ?

Pourquoi penser argent et non formation?

Alors que la solidarité est indispensable dans le monde du travail, nous assistons à la mise en concurrence, cette  » vertu européenne ».

N’oublions jamais que l’équité exige, avant tout, que les conditions financières ne prennent pas le pas sur la dignité humaine

Au-delà de notre intervention au C.M., nous resterons vigilants !

Conseil Municipal de Novembre 2017

imageNous avons témoigné de notre étonnement que, pour la réhabilitation de l’immeuble sis rue de la Massue et devant devenir, à terme, un restaurant gastronomique et/ou bistronomique, soit formulée une demande de subventions auprès de l’Etat à travers le Fonds Stratégique du Bassin Minier.

L’un des 4 objectifs énoncés de ce Fonds Stratégique est la création d’un territoire d’excellence énergétique.

N’y a-t-il pas, comme priorité, de réduire les  » passoires thermiques  » que représentent, notamment, les anciens corons occupés par les mineurs ou leurs ayant droit ?

« LE BEAU N’EST PAS BOURGEOIS » – HERBERT MARCUSE –

image

« La culture ,c »est la rencontre d’un individu et d’une oeuvre». C’est cette définition que préfère le premier ministre Edouard Philippe dans son livre autobiographique Des hommes qui lisent.

Pourquoi certains individus ne rencontrent-ils jamais d’oeuvre? Qu’est-ce qui empêche cette rencontre? Qu’est-ce qui la favorise?

Vous l’aurez deviné ,la politique culturelle présentée dans le programme de L’Humain d’Abord avait la prétention de favoriser cette rencontre. Mais comment?

En permettant facilement l’accès aux lieux destinés à  ces rencontres grâce à des tarifs peu élevés. Mais ce n’est pas suffisant! Bourdieu a montré que c’était certes nécessaire ,mais il ne suffit pas de baisser les prix pour favoriser cette rencontre. Encore faut-il en avoir envie !Comment aimer ce dont on n’a, parfois, même pas l’idée? Comment considérer ce qui ne nous a jamais » touché »?  Pourquoi le goût des uns est le dégoût des autres? Toujours selon Bourdieu. pas seulement parce que la culture est la culture de la classe dominante selon la rhétorique marxiste. Souvenons -nous que dans son dernier livre, le philosophe Marcuse se livrait à  une critique de l’esthétique marxiste en réaffirmant que le beau n’était pas bourgeois .Par contre le libéralisme s’ingénie fort bien à  nous infliger des désirs qui nous affligent et à  viser parfois très bas. Très difficile de remonter la pente et d’éprouver le moindre intérêt pour une oeuvre un peu plus élaborée et originale.

Mais il y a heureusement des résistances et de nombreux acteurs culturels ont, comme objectif, de toucher un vaste public sans pour autant niveler par le bas.

Je citerai quelques actions à  poursuivre et à développer:

TANDEM proposant un spectacle de théâtre d’ objets (Marée Basse) au public de Frais-Marais ravi (nous y étions) pour une somme modique. Le centre social avait alors bien joué son rôle de médiation et le chapiteau était rempli.

A Dorignies ce fut une conférence sur les danses urbaines dans le monde ,illustrée par une danseuse brésilienne. Là  encore qualité exceptionnelle et  message d’espoir constructif pour notre jeunesse, montrer comment des gestes de violence destructive vont laisser progressivement la place à des « battles » mais de danse urbaine cette fois, aux Etats -Unis et un peu partout dans le monde grâce au net.

Le travail extraordinaire de cette association « Les brigades volantes » dont les membres, éloignés au départ des livres, se livrent à  des performances de lecture dans la rue (fête de la Place Carnot) ,à  la bibliothèque, au musée, devenant ainsi acteurs de leur vie et pas simples consommateurs.

Les membres du conseil de Quartier Carnot-Gare se réunissant pour se pencher sur le passé de la Place et réaliser un travail historique sur des archives pour aboutir à la création d’une exposition .

Les conférences organisées par la bibliothèque municipale avec des écrivains ,journalistes, éditeurs sur des sujets peu abordés jusqu’alors: l’ Histoire de l’Algérie permettant de dialoguer, de débattre et de faire connaître, aux jeunes présents dans la salle, leur histoire, notre histoire.

Autre sujet, les conditions de travail des mineurs marocains employés dans les années 70 sans avoir le même statut que les autres mineurs « mieux protégés » (apr_s de rudes luttes syndicales antérieures). L’écrivain Ricardo Montserrat a recueilli leur parole pour la fixer par l’écriture.

N’espérez pas vous débarrasser des livres , beau titre de Jean-Claude Carrière et d’Umberto Eco qui confirme la place prépondérante du livre dans la transmission de la culture et qui fait de la bibliothèque un lieu public essentiel. Le livre est bien l’objet le plus simple qui soit de rencontre avec une oeuvre. La ville de Douai possède un maillage assez intéressant pour la lecture: Bibliothèque Municipale (avec un service de prêt documentaire gartuit, ce qui devient de plus en plus rare) , de quartier, librairies dynamiques, bouquineries, salons du livre et dernièrement, les boîtes à  livres.

Une politique culturelle de gauche est destinée principalement à  ceux qui n’approchent jamais les livres ou à  ceux auxquels on a imposé qu’un seul livre.

Citons pour terminer le poète René Char : « Bien être d’avoir entrevu scintiller la matière, émotion instantanément reine « .Continuons à  favoriser la recherche de ces scintillements pour éclairer la vie de tous.

A LA FOIRE DE DOUAI, CUBA NO !

 

image

A la Foire de Douai : Cuba NO ?

Curieux de l’exposition sur Cuba proposée par les organisateurs de la Foire commerciale de Douai cette année, la visite nous a laissé un amer sentiment d’insatisfaction et même, pour certains, d’écoeurement.

Cuba réduite à une poignée d’images d’Epinal : une verroterie de pacotille, la poussière d’un intérieur miséreux, la fabrication – clandestine ? – de cigares¦

Cuba ringardisée à  souhait, fossilisée dans un décor de théâtre suranné pour touristes. Restent, ça et là , de belles photos qui permettent de retrouver les couleurs de La Havane, le sourire des Cubains, le Malecon et sa promenade, prodigieuse interface des mondes atlantique et caraïbe.

Cuba mérite mieux sans doute. Nul ne prétendra que la situation n’y est pas difficile : une économie frappée par la chute de l’URSS, le féroce blocus américain toujours actuel, les tortionnaires yankee qui occupent toujours la base de Guantanamo, à l’extrémité de l’île, malgré les timides efforts d’Obama, et toujours, les tentatives de coup d’Etat des anticastristes financés par la CIA, qui rêvent de voir l’le réintégrer leur chasse gardée.

Cuba pourtant est toujours debout. Les récentes tornades, qui ne l’ont pas épargnée, ont encore montré au monde combien la mobilisation et la solidarité des Cubains permettaient au pays de faire face mieux qu’ailleurs aux destructions et au chaos qu’ont connu les îles avoisinantes, de la pauvre Haïti aux îles françaises de Saint Martin et de Saint Barthélémy, dont le développement n’est qu’un mot : « paradis fiscal ».

Cet autre visage de Cuba, son programme social, que l’île n’a sacrifié ni à  la crise ni aux sirènes du néolibéralisme armé qui ravage la zone caraïbe, où est-il dans l’exposition de la Foire de Douai ? L’éducation, la santé, la culture – le plus fort taux d’alphabétisation des Amériques, loin devant les USA – de haut niveau et totalement gratuite pour tous, ne mériteraient-elles pas de questionner notre regard ?

Rien de tout cela dans l’exposition, toute d’idéologie banale, de consumérisme touristique et d’humanité desséchée. Et pourtant regarder Cuba, c’eest aussi considérer combien cette humanité-là  nous regarde, combien l’aire caraïbe, comme le soulignait récemment le poète Patrick Chamoiseau, est, « aux grands vents de la relation », ouverte aux « frères migrants », au coeur de l’invention d’une modernité qui refuse les barbares injonctions de la mondialisation capitaliste.

Oui, encore une fois, Cuba, mérite un autre regard. Cuba, SI.

DU PAIN ET DES LIVRES

 

image

L’un des axes d’une politique culturelle doit viser, prioritairement, ceux qui n’approchent jamais les livres ou ceux auxquels un seul livre est imposé.
Les grands écrivains formulent beaucoup mieux que nous tout ce que nous pourrions écrire.
Ainsi en est-il de l’écrivain espagnol Federico Garcia Lorca qui, en septembre 1931, s’adresse à la population de Fuentes Vaqueros (Grenade)

 » quand quelqu’un va au théâtre, à un concert ou à une fête qu’elle qu’elle soit, si le spectacle lui plaît, il évoque tout de suite ses proches absents et s’en désole  » Comme cela plairait à ma soeur, à mon père » pensera-t-il et il ne profitera dés lors du spectacle qu’avec une légère mélancolie.

C’est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur, ne profitent pas du suprême bien qu’est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion.

C’est pour cela que je n’ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un que je l’offre. J’en ai donné une infinité. C’est pour cela que c’est un bonheur pour moi d’être ici, heureux d’inaugurer cette bibliothëque du Peuple, la 1ère sûrement de toute la province de Grenade. L’Homme ne vit que de pain. Moi si j’avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livree. Et, depuis ce lieu où nous sommes, j’attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les Peuples réclament à grands cris.

Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu’ils profitent de tous les fruits de l’esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l’Etat,  à les transformer en esclaves d’une terrible organisation de la société. J’ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim, parce qu’un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits mais un homme qui a soif d’apprendre n’en a pas les moyens sauf d’une terrible agonie parce que c’est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin et où sont ces livres?

Des livres! Des livres!  Voilà un mot magique qui équivaut à clamer : amour ! amour ! Et que devraient demander les Peuples tout comme ils demandent du pain ou de la pluie pour les semis? Quand le célëbre écrivain russe Fedor Dostoievski – père de la révolution russe bien davantage que Lénine – était prisonnier en SIbérie,  retranché du monde, entre 4 murs,  cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours, par courrier, à sa famille éloignée, ne disant que  » envoyez moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas ! ». Il avait froid, ne demandait pas le feu. il avait une terrible soif, il ne demandait pas d’eau. Il demandait des livres, c’est-à-dire des horizons, c’est-à-dire des marches pour gravir la cîme de l’esprit et du cœur. Parce que l’agonie physique – biologique, naturelle d’un corps à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie.

Le grand Menendez Pidal, l’un des véritables plus grands sages d’Europe, l’a déjà dit  » la devise de la République doit être la Culture ».