GERER L’INCERTITUDE DANS LA DUREE

 

Une lecture de la crise en 3 phases est possible pour mieux comprendre les enjeux et la temporalité en présence de ce contexte d’un danger réel, d’un danger potentiellement plus imaginaire en lien avec le Covid-19.  

La temporalité inédite de la phase aïguë ou d’impact (phase 1), à l’exception de celle liée aux violences chroniques, dans ce temps de confinement, crée un effet de choc se prolongeant dans le temps, un  impact majeur qui pousse particulièrement à se centrer sur les besoins primaires et le sentiment de sécurité (différent de la situation factuelle de sécurité).

En effet, le besoin d’être en sécurité et de se sentir protégé ne vont pas actuellement de pair.

Rester en lien au-delà de la distance physique offre un appui précieux sur ce plan, une réponse à des besoins psychosociaux dans le sens où l’être humain existe au sein d’une communauté.

Il est nécessaire de penser davantage à une approche sociale qui a un effet psychologique qu’à des entretiens psychologiques classiques.


Le déconfinement ouvrira sur la
phase 2, soit la sortie de crise.

Chacun entrera dans une phase de réaction face à un déconfinement par étapes.

Il faudra alors observer les changements occasionnés, commencer une phase d deuil par rapport aux changements opérés mais également prendre en compte les bénéfices et avantages liés aux changements dits utiles.


La
phase 3, au-delà du post immédiat, constitue le temps pour intégrer ce qui se sera passé afin de construire une nouvelle « normalité », toute crise laissant nécessairement des traces.

Il sera indispensable de suivre les besoins ayant préalablement émergé et d’inscrire leur résolution dans la continuité


Le rythme de cette traversée est différent pour chacun au sein d’une famille, d’une institution, d’une entreprise…

Les éléments subjectifs restent essentiels pour en comprendre l’impact individuel et ajuster l’accompagnement psychosocial. 

 

 

UNE SAISON EN ENFER

La crise sanitaire actuelle s’apparente à une épreuve de force, une épreuve qui s’impose à nous comme une contrainte majeure que chacun d’entre nous subit, sans pouvoir s’y soustraire,

Les troupes opérationnelles et actives sont les soignants qui se portent au combat sans armure !

La1ere victoire du virus est qu’il instille la peur…

Le confinement n’isole véritablement que les personnes qui vivent seules. Les autres, il les contraint à une coprésence obligatoire, une cohabitation forcée, un huis clos familial exceptionnel et possiblement insupportable.

La famille n’est pas seulement une ressource, elle peut être, dans certains cas, également un handicap.

Le huis-clos familial (qui ne peut pas prendre appui, comme habituellement, sur différents réseaux) est convoqué comme une ressource « heureusement qu’ils/elles sont là, au moins on n’est pas seul » – ou comme un moindre mal, une compagnie obligatoire.

Mais le huis-clos familial peut également être un enfer ! L’on se souviendra avec à-propos de la thèse de Sartre – « l’enfer c’est les autres » – ou, plus précisément encore, celle de Gide et son fameux « Familles je vous hais ».

La famille, pourtant valorisée dans tous les sondages d’opinion, y compris chez les jeunes, comme une valeur cardinale et une ressource sûre, est également le lieu de la détestation, de la haine, des mauvais traitements sur les enfants, de la violence conjugale.

Alors même que la vie de famille est, dans les temps modernes, plutôt dispersée (travail des parents, garde d’enfants, etc.) la cellule familiale est actuellement désormais « condamnée » à se replier sur elle-même, bon gré, mal gré, quelques temps sans qu’aucune échéance ne soit, aujourd’hui, perceptible.

Par ailleurs, les parents vécus, jusqu’alors, par l’enfant, comme tout puissants, sont eux même en difficulté pour répondre aux questions qu’ils se posent et bien davantage à celles émanant de leurs enfants.

L’inquiétude de l’enfant jusqu’alors colmatée par le parent, va le conduire à s’autoprotéger, expérience tout autant inquiétante qu’intéressante.

Pour parler du Covid 19 avec vos enfants, vous pouvez trouver quelques pistes sur :

https://ireps-ors-paysdelaloire.centredoc.fr/index.php?lvl=cmspage&pageid=4&id_article=245#.XnShGXLftPa

http://psycogitatio.fr/le-coronavirus-explique-aux-enfants/

SANTE PUBLIQUE

La santé publique occupe tout l’espace du quotidien, dans un souci d’immédiateté de l’information et de précision sur les conduites à tenir.

Plus que jamais, la circulation des biens et des personnes sur notre planète, favorise l’émergence comme la diffusion de risques infectieux nouveaux.

  • des maladies émergentes comme coronavirus, virus grippal comme le H5N1, chikungunya…
  • des maladies liées à l’environnement comme la canicule de 2003, la légionellose…
  • des déterminants sociaux comme le bioterrorisme…

Le repli sur soi est impossible : n’existe pas de camp retranché gaulois résistant à l’envahisseur !

Il y a nécessité de promouvoir la santé des populations comme un bien collectif qui doit prévaloir sur les intérêts particuliers et financiers.

La santé doit être érigée en un bien mondial qu’il faut protéger, en particulier chez les plus vulnérables d’entre nous.

Ces utopies nécessaires seront possibles si elles sont portées par des engagements citoyens forts et respectés.

Les inégalités sonnent le glas, véritable symptôme du déclin des infrastructures de santé publique.

L’érosion ou coupe sombre dans les budgets liés à la santé atteint son nadir.

Le paradoxe actuel est que notre civilisation ultra scientifique progresse à grande vitesse mais que, parallèlement, se réveillent les réflexes archaïques les plus profonds dont la peur.

Comme a pu l’écrire HABERMAS au lendemain des attentats de 2011, nous ne pouvons que constater « la vulnérabilité de notre civilisation complexe ».

LE SALE AIR DE LA PEUR

 Aujourd’hui, le risque encouru lié au coronavirus apparaît comme le point de jonction de la peur, de l’anxiété et de l’incertitude.

La peur d’une société donnée, à un moment donné, reste toujours ouvert. A chaque instant peut s’y ajouter une nouveauté surgie de l’histoire, la figure imprévue d’un péril inconnu : ennemis jusqu’alors insoupçonnés, maladies incontrôlables venues d’ailleurs ou apparues sans explication.

L’humanité a été régulièrement confrontée à des épidémies virales de grande envergure ! Peste, choléra, variole, tuberculose, lèpre ou typhus ont frappé les sociétés de manière constante et ont laissé des cicatrices vivantes dans les mémoires collectives.

Des maladies nouvelles apparaissent, des conflits inattendus éclatent. Mais la mémoire collective nous transmet une expérience immémoriale de la maladie et de la guerre. Les cauchemars presque oubliés sont relayés par des figures du présent dès lors que nous craignons toujours pour notre sécurité, notre intégrité ou notre vie…

Un objet de peur collective a donc toujours une forme d’ « ancienneté » du fait de son appartenance catégorielle. Ceci rend disponible des schémas légendaires, des répertoires de réponses… Le rapprochement du sida ou de la syphilis par exemple, au début de l’épidémie, ou l’assimilation d’une crise purement locale à la logique d’une guerre continentale, témoignent clairement dans ce sens.

On assiste au retour d’une forme de « grande peur » pâteuse et protoplasmique, ininscriptible dans quelque horizon métaphysique que ce soit, la « peur pour la vie » : peur de mourir trop tôt, peur de souffrir, peur du chômage, peur du divorce et de l’abandon, peur du terrorisme, peur du sida, peur des jeunes tapageurs, des étrangers pauvres, des accidents de voiture, des changements climatiques, des lendemains qui ne chantent pas … , le tout inextricablement mêlé et composant la musique d’ambiance sinistre qui accompagne la vie triste de tous et chacun.

On relève que toute crise entraînerait la peur et corrélativement que celle-ci induirait une tendance au repli sur soi, un retour à davantage d’individualisme.

On peut s’interroger à ce propos, à des fins de remédiation, quant à la nécessité de redonner une place à la solidarité, au soutien du collectif, aux alternatives pour faire face à la crise.

SOYEZ RESOLUS A NE PLUS SERVIR ET VOUS SEREZ LIBRES Etienne de La Boétie

Etre élu(e), est-ce se taire pour durer ?

Se couler dans une discipline bête et brutale pour ne pas gêner ceux qui, accaparant la totalité des leviers du pouvoir, veulent concentrer la décision dans les seules mains du chef et de ses courtisans ?

Envers qui a-t-elle/il un engagement  si ce n’est auprès du peuple?

Se pensant résolument modernes, assoiffés de leur propre avenir, dédaigneux du passé, sûr d’eux, conquérants et vains, certains s’adressent à vous avec leurs bouches sévères comme s’ils étaient là pour administrer une leçon à des élèves récalcitrants, leurs regards froids.

Quel poids de l’héritage (la voix de Jaurès, le procès de Blum, les chants insurrectionnels des cortèges populaires et victimes de Fourmies comme de Liévin, Charonne dans la tête), au moment de lever la main pour voter ou ne pas voter ? Pour voter pour ou voter contre ? Pour s’abstenir ?

ON NE VOUS DIT PAS TOUT !

Il était une fois, dans une contrée lointaine (ou pas), un personnage que certains surnommaient Milord (au regard des oripeaux dont il était soucieux de se parer) alors que d’autres, sans doute plus avertis, avaient recours à Médor (tellement insécurisé qu’il éprouve, en permanence, le besoin de s’accrocher à son maître … à penser… que dis-je, de s’y agripper par crainte d’être, de lui, ignoré, pire abandonné).

Tantôt, ce bien étrange personnage s’apparentait à un vantard, déclamant à qui voulait bien l’écouter qu’il avait pris la parole lors de manifestations publiques… mais les participants à celles-ci, de lui, n’avaient jamais ouï le son de sa voix et les Procès Verbaux évoquaient son arrivée tardive, voire son absence.

D’autres fois, il adoptait un rôle totalement opposé et surfait sur la corde du misérabilisme… prétextant une absence de moyens, comme invoquant, fréquemment, la maladie (ou comment les maux existent en lieu et place des mots!)… ce qui ne pouvait pas l’autoriser, dès lors, à prendre du bon temps.

Mais, sauf à pouvoir prétendre à un don d’ubiquité, comment pouvoir être soit disant dans le Sud de la France et, de manière concomitante, aux Etats Unis (l’informatique est toujours susceptible de vous trahir, les photos largement diffusées auprès des collègues de travail également…) ?

Quelle naïveté face aux moyens high tech d’aujourd’hui ! Quel art inachevé du mensonge !

Observez-le bien… quand il est en représentation, ce personnage pianote, sans cesse, sur son téléphone, tellement envahi et préoccupé par ce qui n’est pas l’ici-maintenant, ayant beaucoup mieux à faire.

Suiviste et dévot, il ne peut que s’affilier à son mentor, au « Lider Maximo » du moment, au pseudo puissant de l’heure !

Si vous croisez un personnage qui court… sans doute pour parvenir à ses fins, soit à un « petit fauteuil »… c’est bien lui mais, même si vous cherchez à le rattraper, à le mettre devant ses contradictions, il fuit !

Je sais bien que Boris Vian a écrit « Fuir, c’est bon pour les robinets » mais, face à la règle, il existe toujours des exceptions et il en est une.

Ce personnage ne se déplace jamais seul, toujours en bande et préférentiellement ou exclusivement pour se rendre aux manifestations susceptibles de le mettre sous les feux de la rampe.

Sinon quel en serait l’intérêt ?

Pour s’asseoir, ne serait-ce que sur un strapontin, cet étrange mais trop bien prévisible personnage ne construit pas son positionnement sur un devoir, sur une dette (a minima morale), loin s’en faut.

Mais, ce qui est préoccupant, c’est qu’au fil des années qui s’écoulent, ce curieux personnage ne dit mot, refuse le dialogue et, dès lors, impossible de constater s’il a évolué idéologiquement ou s’il a cédé de manière opportuniste… mais, la réponse, nous la possédons déjà !

Un Homme, digne de ce nom, n’est-il pas celui qui apparaît en capacité de faire valoir son point de vue et de l’argumenter, de nommer ses idéaux, ses valeurs et ses convictions ?

Il nous fait rire… d’ailleurs, comme l’a écrit Erasme, philosophe néerlandais ayant notamment écrit Louange de la sottise, « les rois recherchent les fous (du roi) bien davantage que les sages dès lors que les fous (du roi) sont en quête de flatterie par ostentation ».

Mais un tel personnage nous fait toutefois rire jaune car, selon l’expression usitée par Paul Magnette, personnage politique belge, membre du Parti Socialiste, « qui a trahi un jour, trahira toujours ! ».

Méfiez vous de ce qu’il énonce aujourd’hui… demain, pour lui, est un autre jour et le socle d’autres prétendues croyances !

En effet, comment accorder confiance à ce bonimenteur, à ce personnage d’aussi peu de Foi qui affirme vouloir servir une cause. Laquelle à part la sienne sous prétexte de celle de l’autre ?

Que la révolte face à de tels personnages – nécessairement inscrits sur des listes municipales – s’exprime dans les urnes les 15 et 22 Mars prochains en bannissant les listes sur lesquelles ils figurent, jetant d’ailleurs, dès lors, sur celles-ci, le discrédit !

Ne vous laissez pas duper, vous n’êtes qu’un instrument à son service, tant est massive sa quête de bénéfices tant immédiats et primaires que secondaires !

Comme l’a écrit Hérodote, personnage grec considéré comme le 1er historien, « une multitude est sans doute plus facile à leurrer qu’un seul homme »…

Alors, individuellement, soyez vigilant et ne lui donnez pas la possibilité d’être élu !

 

 

 

8 MARS 2020 JE SUIS DE LA GENERATION EGALITE : LEVEZ VOUS POUR LES DROITS DES FEMMES

 

La situation évolue lentement, aucun pays, à ce jour, ne pouvant affirmer avoir atteint l’égalité.

Le bon aspect de la mondialisation apparaît à travers la prise en compte de l’universalité – à des degrés divers – des problèmes de féminicide, de harcèlement et de droit à disposer de son corps (dont l’avortement).

Le réseaux sociaux ont permis un écho démultiplié du « Moi aussi (Me too) ».

La colère monte, les gens (hommes comme femmes) se lèvent, protestent quand ils ressentent une domination.

Depuis 2 siècles, un changement s’amorce.

Là où J.J.Rousseau, dans l’Emile, percevait la Femme comme se devant de contenir les passions immodéres des Hommes, comme un « vase » pour recevoir l’organe et la semence masculine, D.H.Lawrence décrit la Femme comme celle qui éduque l’Homme au plaisir et proclame qu’aimer, c’est consentir…

Mais, au-delà du domaine de la littérature, quels ont été les artisans du changement ?

Des Hommes comme des Femmes !

En cette période électorale, nous pouvons citer :

En 1906, Paul Dussaussoy apparaît comme le précurseur du droit de vote des Femmes même s’il demeure limité aux élections locales

En 1909, Ferdinand Buisson, fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme, obtient un avis favorable quant à sa proposition sur le vote accordé aux Femmes mais la Chambre des Députés n’entérinera qu’en 1919

En 1919 également, le pape Benoït XV se prononce en faveur du droit des Femmes

En 1944, Fernand Grenier, représenatnt du PCF et du FTP auprès du Général de Gaulle à Londres, est l’auteur d’un amendement accordant, aux Femmes, le droit de vote comme d’éligibilité

Profondément dévouées aux causes des Femmes, elles ont été et sont des centaines, des milliers à avoir fait avancer nos droits dans le monde et j’en nommerai quelques unes à travers certaines de leurs citations

Olympe de Gouges « la Femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir le droit de monter à la Tribune »

Hubertine Auclert également connue sous le nom de la suffragette française « Il faudrait que nous soyons des créatures folles et insensibles pour ne pas nous occuper de politique »

Mary Wollstonecraft « renforcez l’esprit féminin en l’élargissant et il y aura une fin à l’obéisance aveugle »

Louise Weiss « s’il fallait libérer les Femmes d’un lourd passé de préjugés et réviser les lois, il fallait aussi et surtout les affrranchir d’elles mêmes »

Angéla Davis « je n’accepte plus les choses que je ne peux pas changer ; je change les choses que je ne peux pas accepter »

Eva Peron « le présent siècle ne passera pas l’Histoire sous le nom de siècle de la désintégration atomique mais avec un autre nome beaucoup plus significatif : le siècle du féminisme victorieux ».

UNE EQUIPE ?

Un maire est un « personnage » qui doit se montrer soucieux des besoins de chaque habitant, jeune ou âgé, actif ou retraité, possédant des moyens financiers ou grandement paupérisés et ce, dans tout quartier.

MAIS

Pour obtenir le vote conforme des électeurs et ainsi pérenniser leur position municipale, les maires sortants, soumis à de fortes contraintes de publicité dans un espace politico-administratif concurrentiel, cherchent à produire sur eux ce qu’avec GOFFMAN, l’on peut appeler une impression favorable, à partir de la fabrication de cadres de définition de la réalité municipale qui permettent la production d’une représentation spécifique, ajustée à leurs intérêts électoraux.

Le travail politique d’apparition et de mise en scène de soi opéré par le maire peut s’analyser comme un effort de définition d’une façade.

Tout lieu où le maire ou ses représentants se trouvent en présence d’un public en constitue le décor potentiel.

Sont rejetés en coulisse les échecs, les dissensions internes à la municipalité, la méconnaissance des effets de l’activité mayorale sur le monde social.

L’entretien de la façade est contingent de la capacité de l’équipe à ne pas dévoiler les coulisses, à éviter les ruptures de représentation, à prévenir « les menaces ».

La fabrication de la façade du « bon maire » implique qu’en permanence, les nouveaux projets municipaux ou les modalités de leur mise en œuvre ne soient pas annoncés par le journal avant que les collaborateurs mayoraux en aient été informés non parce que ces négociations ne sont pas dicibles publiquement mais parce qu’un article faisant apparaître une « décision » comme imposée sans consultation risque d’amplifier ou même de susciter une mobilisation potentielle et sert toujours de point d’appui critique à l’opposition municipale ( mais également y compris à l’interne).

La presse locale peut en effet ériger en opposants des individus sans organisation et sans poids politique antérieur à la faveur d’une contestation ponctuelle et devient elle-même un auxiliaire de l’opposition lorsqu’il produit un récit potentiellement négatif des activités de la municipalité.

Le maire – qu’il ne s’y trompe pas – n’est pas d’emblée le leader incontesté de sa majorité même s’il se positionne comme le monarque absolutiste mais l’institution municipale lui permet d’occuper une position arbitrale et de mettre en œuvre des stratégies organisationnelles destinées à neutraliser d’éventuelles velléités d’expressions divergentes de la ligne mayorale (en refusant ce qui n’émane pas directement de lui, en ne donnant pas les moyens matériels, financiers et humains pour mettre en œuvre leurs projets par exemple… ).

L’intérêt et la puissance disciplinaire de la hiérarchie municipale consistent ainsi non en l’imposition directe de l’autorité du maire mais en la fidélisation des élus majoritaires par la concession d’un statut valorisant de certains et en la dissimulation possible des inégalités réelles de moyens mis à disposition des autres, favorisant ainsi la mise en scène du maire « décideur » soutenu par un groupe d’élus dédié, en paroles, au service des habitants.

La mise en discours des réalisations municipales permet de les faire apparaître sous la forme de vastes « politiques » réfléchies.

La grandeur et la cohérence apparentes des « politiques » tiennent à la mise en scène de réponses à des « problèmes » qu’elles sont réputées résoudre et au nombre ou à l’importance de la visibilité des dispositifs qu’elles agrègent.

Ainsi, la municipalité ne développe pas tant son action « environnementale » qu’elle ne donne une forme « écologique » à des dispositifs administratifs antérieurs (pistes cyclables, ramassage des ordures ménagères, gestion de la circulation automobile…) et à des services nouveaux (tri sélectif des déchets…).

Par opportunisme pratique, le maire est amené à constituer des discours sur la cohérence de l’intervention municipale, pourtant initialement morcelée.

A travers cette onction, sur fond de petits calculs politiciens, certains maires nous vendent du nouveau comme du neuf alors qu’ils « bricolent » avec du vieux assez regrettable pour les plus démunis d’entre nous, du social-libéralisme lesté d’une peu glorieuse histoire de reniements de ce qui restait des grandes valeurs dites de « Gauche » !

La Gauche en responsabilité, c’est répondre à l’urgence sociale et redonner du pouvoir d’achat, c’est nommer et décliner des priorités, c’est adopter une attitude militante, volontaire, déterminée et conquérante !

Que nenni bien trop souvent…